MADE-IN-NBA/ 15 janvier 2008 / 22:08

Un fort goût de Celts



boston celtics
On dit qu’une hirondelle ne fait pas le printemps. Je ne suis pas certain que ce proverbe de grand-père s’applique en NBA. Le basket, ce n’est pas le foot. Au soccer, on ne parle pas de « franchise player ». Onze joueurs figurent sur le terrain et une superstar ne peut pas avoir le même impact que lorsqu’il y en a que cinq. C’est mathématique. Et puis, le jeu de NBA est sans doute le plus « individuel » des sports collectifs. Regardez comment Lebron James a métamorphosé Cleveland. Sans Tim Duncan, jamais les Spurs n’auraient gagné quatre bagues de champions. Et si Portland avait délaissé Sam Bowie et drafté Michael Jordan, Chicago serait toujours la ville d’Al Capone et de la prohibition.


Les Celtics étaient sous le coup d’une misérable saison, 24 victoires pour 58 défaites, y compris une abominable série de 18 échecs d’affilée. Du jamais vu. Le débauchage cet été de Kevin Garnett a fait l’effet d’une bombe. Dix fois All-Star, KG fait partie des « monstres » de la NBA, un animal frustré par autant d’années sans trophées (les vrais, ceux que l’on obtient à plusieurs) avec les Minnesota Timberwolves (au passage, vous avez vu la tête de ces pauvres loups toutous depuis qu’il a décampé ?). Surtout que Garnett n’était pas le seul renfort puisque Ray Allen, 6 fois All-Star, avait rejoint auparavant le Massachusetts grâce à un tour de passe-passe à la draft. Un paquet de joueurs a été échangé, mais Paul Pierce, 5 fois all-star en ce qui le concerne, est demeuré à bord. Les fans ont instinctivement compris que les Celtics venaient de se constituer un Big Three, comme avec Larry Bird, Kevin McHale et Robert Parish. Un vent médiatique de force 12 a soufflé sur le club.

L’addition de talents épate toujours la galerie, fait vendre des abonnements et des produits sous licence, mais ne forme pas forcément l’équipe rêvée. Les dernières « Dream Team » américaines en ont fait la cruelle expérience à Athènes comme à Tokyo. Pareil pour les fameux « galactiques » du Real Madrid en foot. Coach Doc Rivers a eu un rôle de fédérateur fondamental : « Je leur ai dit (aux joueurs) que nous ne gagnerons pas par l’attaque, nous ne le pouvons pas. Nous aurons à vaincre grâce à la défense. » La défense, c’est la dureté, le don de soi. C’est la collectivation des moyens de production aurait pu dire Lénine. C’est ici qu’il faut se souvenir que KG, à la vélocité et l’envergure phénoménales, possède le paquetage complet du défenseur. Son tatouage « Blood, Sweat and Tears » (du sang, de la sueur et des larmes), ce n’est pas du pipeau. Garnett et les Celtics sont devenus les N°1 de la NBA. En défense. Et aux victoires. Avec un côté irrésistible, qui leur a permis d’égaler le meilleur départ de la franchise (30 victoires pour 4 défaites) avant, il est vrai, de se faire doucher deux fois de suite par les Wizards. Ce qui nous donne trois défaites en quatre matches. A priori, un simple coup de pompe.

Juste avant, les Celtics avaient marqué les esprits à Detroit. Dans le Michigan, jamais dit-on, depuis 1991, lorsque les Pistons et les Bulls étaient The Beast of the East, on avait constaté une telle demande de billets pour un match de saison régulière. Un peu sonnés dans le premier quart-temps (-12), les Celts sont revenus pour s’imposer 92-85 avec un rookie Glen Davis phénoménal.

Les Greens ont de la moelle, de la solidarité, du plaisir. C’est tous pour un et un pour tous. Et c’est là que se situe leur secret. Les trois stars dînent ensemble, soulèvent de la fonte ensemble, et jouent ensemble aux jeux vidéo. « Dans le locker-room, nous avons construit une relation commune » confirme Ray Allen. « Les statistiques n’ont pas d’importance. Paul, KG, et moi-même, nous ne cherchons pas à impressionner pour essayer de faire les All-Star teams, en marquant 40 ou 50 points. Des trucs comme ça, on y a déjà eu droit. »

Paradoxe, la NBA a donc pour philosophie de promouvoir jusqu’à l’outrance ses individualités, mais c’est lorsque celles-ci acceptent de mettre de côté leur égo que ça fonctionne à fond sur le terrain. Les Spurs ont cette fameuse alchimie depuis bientôt une décennie. Le contrat de Ray Allen court jusqu’en 2010, celui de Paul Pierce se terminera en 2011 et celui de KG l’année suivante. Avec cette mentalité, et ce trio, même s’il n’est pas de la première jeunesse, les Celtics sont à même de fonder à leur tour une nouvelle dynastie. La énième de la franchise.

Commentaires

1. Le 27 février 2013 à 08:59

좋은 글과 공유를위한 감사합니다!

2. Le 20 avril 2013 à 05:02

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