LE BASKET FRANCAIS/ 19 janvier 2008 / 00:02
Coach des Bleus sans avoir coaché?
Par maxiboy

Cela fait un bout de temps que je me pose la question : le premier venu peut-il s’improviser mécano, comptable, toubib, journaliste ou donc coach ?
Si je tombe en rade avec ma Golf, mon beau-frère sera capable de voler à mon secours avec ses petites mains, à la condition que la panne soit mineure. Il est manuel, moi, je suis une quiche en mécanique. Je ne suis pas non plus un grand manipulateur de chiffres et lorsque je vois tafer notre experte-comptable, je me dis que chacun son métier, les vaches sont mieux gardées. Passerait encore de confier ma voiture et notre bilan à des profanes, mais pas question, sûr, de donner mon corps au premier marabout venu. Ça me rassure d’avoir un médecin doté d’une carte de visite aussi longue que la rue de Vaugirard.
Peut-on devenir journaliste du jour au lendemain ? Je vais être honnête. Je n’imagine pas le premier venu, ni même quelqu’un de talentueux (ni le titulaire de la carte pro 50016; c'est à dire bibi) remplacer au pied levé PPDA pour présenter le JT de 20 heures de TF1. Il paniquerait, forcément. Il faut de la pertinence, de la facilité d’élocution, un beau sourire ou un air grave suivant le sujet que l’on lance, et tout autant un long apprentissage. Ceci dit, j’ai lu des articles sur le basket rédigés par des étudiants à faire rougir jusqu’à la racine des cheveux des journalistes confirmés. Ils avaient de l’appétence pour le sujet, comprenaient l’essentiel des mécanismes du journalisme, et surtout quelque chose d’indéfinissable que l’on appelle le talent. Qui osera dire que George Eddy et Jacques Monclar, qui n’ont pas fait de formation spécifique, ne sont pas des journalistes de basket cinq étoiles (même si Jacques n’est pour l’instant que « consultant » ?) Et, à l’inverse, ce n’est pas parce que vous êtes sorti d’une école reconnue et doté de la fameuse carte professionnelle que c’est une garantie de compétence !
D’où ma question : peut-on être coach de l’équipe de France si on n’a jamais exercé le métier ? Il y a quelque temps, c’était courant: les joueurs, souvent les capitaines, ceux qui avaient une certaine autorité sur le groupe, étaient propulsés coach d’un seul coup d’un seul. C’est ainsi que Alain Gilles, Jacques Monclar, on y revient, et Greg Beugnot se sont lancés dans le métier. Longtemps, d’ailleurs, ce même type de joueur devenait entraîneur, tout en conservant son rôle sur le terrain. On nommait un « manager » (Jésus Mercader à l’ASVEL du temps de Gillou) pour servir de bras droit et effectuer les changements. Avec l’assentiment du capitaine-entraîneur.
Et puis, sous la conduite de Gérard Bosc, les entraîneurs ont cherché à structurer la profession, en imposant notamment les brevets d’Etats. Un diplôme obligatoire comme pour devenir mécano, comptable ou médecin. Claude Bergeaud a suivi un parcours classique : prof d’EPS, il fut longtemps assistant-coach à Pau-Orthez avant de prendre la succession de Jacques Monclar, toujours lui, licencié en pleine saison.
Soyons clair : n’importe qui d’autre ne pourrait prétendre sérieusement au poste de coach des Bleus sans une épaisse expérience. Piloter l’équipe de France, c’est quand même le challenge ultime. Seulement il s’agit d’Antoine Rigaudeau. C’est le joueur français qui aura accompli la carrière la plus fructueuse et variée, de Cholet à l’Espagne, en passant par Bologne et la NBA. Il suffit de converser avec lui, ou à défaut d’avoir lu ses chroniques dans L’Equipe durant le Mondial japonais, pour se rendre compte que sa finesse technico-tactique n’a pas besoin d’être sanctionnée par un examen. Chacun sait, et Claude Bergeaud le reconnaît, il y a deux ans, sans « Le Roi » la France ne se serait pas relevée de ses déboires à la salle Pionir et n’aurait pas été chercher une qualification à Novi-Sad, puis une médaille de bronze à la Belgrade Arena. Rigaudeau fut longtemps le relais du coach sur le terrain. Ce n’était pas seulement un shooteur, un créateur, c’était un stratège. Polyglotte, il connaît aussi parfaitement les joueurs et les gens qui circulent dans le basket européen. Il est curieux de tout. Il est capable de fédérer autour de son nom les différentes composantes du basket français, à commencer par la bande à Parker qui, visiblement, se serait bien vu continuer avec Claude Bergeaud, malgré l’échec retentissant en Espagne. Seulement, il n’a jamais exercé le métier de coach. Jamais.
Voilà . Il n’y a pas de conclusion à ce post, pas de réponse à la question lancinante : Antoine Rigaudeau, secondé éventuellement d’experts de Pro A, genre Fred Sarre (Vincent Collet refuse d’être de nouveau assistant), serait-il un bon boss pour les Bleus ? En tous les cas, le syndicat des coaches, par la voix de son représentant Francis Charneux, à ma grande surprise, je l’avoue, n’est pas contre un tel attelage. C’est ce que vous pouvez notamment découvrir aujourd’hui dans Maxi-Basket (avec des choses plus succulentes les unes que les autres;-). Antoine Rigaudeau sera-t-il en première ligne de l’année 2008 ? Réponse dans quelques jours.





Commentaires
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2. Le 19 janvier 2008 à 11:08
3. Le 19 janvier 2008 à 11:35
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