EXCLUSIVEMENT FEMININ/ 23 janvier 2008 / 00:08
10 raisons qui me font aimer le Tango
Par maxiboy

1- Déjà en avance sur les autres… en 1B
C’est l’ancienne internationale Cathy Malfois, alors coach de l’équipe, qui m’avait poussé à réaliser un reportage sur ce club de Bourges « largement en avance sur les autres. » C’était en 1991. Le Cerce-Jean-Macé était alors en deuxième division (1B). Cathy avait mille fois raisons. Le basket-ball était déjà devenu un phénomène en ville. On comptabilisait 800 spectateurs en moyenne par match soit la deuxième affluence… de tout le basket féminin français derrière Mirande ! Le CJM s’affichait déjà partout pour chaque match dans le Cher, sur 40 panneaux colorés en 4x3, sur 70 affiches dans les abri-bus, plus une soixantaine de spots réservés sur Europe 2 et une trentaine sur Recto Verso. « Même si le Sancerre, la Sologne et le Printemps de la Musique font remonter la cote, de Paris, nous passons souvent pour des cul-terreux… Tout le Monde sait qu’il y a encore des sorciers dans le sud du Berry… On veut justement se servir du basket pour la notoriété de la ville, pour la faire bouger » expliquait dans Maxi-Basket un certain Pierre Fosset, qui n’était alors que vice-président.
2- Pierre Fosset
C’est le président français le plus titré de tous les sports collectifs. C’est sûr qu’il n’a pas l’extraversion et la gouaille de Pierre Seillant ou de Bernard Tapie. Depuis quatorze ans, Pierre Fosset fait dans la discrétion. Et dans l’efficacité. Cet ancien basketteur connaît son club, sa ville, et le basket féminin par (Jacques) cœur. Il dit souvent qu’il est président depuis trop longtemps déjà , mais il n’est pas repus et il a toujours une idée nouvelle à faire fructifier. La dernière ? Le projet d’une salle plus spacieuse pour accroître les recettes surtout en provenance du sponsoring. Indispensable pour se maintenir au plus haut niveau.
3- Des trophées par conteneurs entiers
Les bannières accrochées au plafond du Prado sont à peine visibles. Il y a aussi quelques photos-souvenirs encadrées au Pass & Va, mais cela ne reflète qu’imparfaitement l’empire que s’est bâti le Cercle Jean Macé devenu le Bourges Basket. Le premier titre de champion d’Europe fut gagné à Larissa devant les caméras d’Eurosport (97), le second au Prado (98) et le troisième à Messine lors de ce mémorable duel fratricide face à Valenciennes (01). Bourges, c’est aussi 7 Final Four, une Ronchetti (95), 7 titres de champion de France, 6 Tournoi de la fédération, 3 Coupe de France… Et quelques coupettes, breloques et babioles.
4- Yannick Souvré
La blonde meneuse était considérée comme la figure emblématique du CJM Bourges, de l’équipe de France, et plus généralement du basket féminin. Ses caractéristiques reconnues : la science du jeu, la passe décisive, le shoot à trois points, une peau laiteuse (sauf après deux semaines sous les Tropiques ;-), des genouillères, et une personnalité affirmée. Elle est pour moi le (la) basketteur (basketteuse) le plus passionné jamais rencontré en plus de vingt-cinq ans de métier, au même titre que Jacques Monclar et Vincent Collet (la meneuse Caroline Aubert de Mondeville est bien aussi ; je vous en reparlerai plus tard). Elle a un super job à la FIBA Europe, mais comment le basket français accepte t’il de se passer d’elle ?
5- Le rebond permanent
Final Four 2003. Bourges, au Prado, craque de partout. Il y a des blessées, des carbonisées. Le coach Olivier Hirsch est remercié sur le champ ! Yannick Souvré quitte la scène et Cathy Melain succombe à la tentation de Venise. Les nuages noircissent le Berry. The end ? Non, juste la fin d’un cycle. Coach des juniors de la génération Parker, Pierre Vincent a l’âme d’un bâtisseur. Le Bourges Basket est toujours compétitif, en France comme en Europe. Il redevient champion en 2006. Le club est nanti d’un solide budget (2,2 millions), mais qui ne pèse pas lourd face à la concurrence étrangère. Laïa Palau, Bernie N’Goyisa, Anete Jekabsone, Elodie Godin et Sabrina Reghaissia se font la malle en même temps (excusez du peu !). Et pourtant Bourges rebondit et re-goûte au Final Four en 2007. Le club recrute malin, sa réputation pèse dans le choix des joueuses et les structures sont top niveau.
6- Cathy Melain
A 34 ans bientôt (déjà ), ce n’est plus la MVP européenne de 2001 (championne d’Europe en club et avec l’équipe nationale). Ses pourcentages de réussite dans les shoots sont en berne depuis quelque temps. Mais elle a toujours une combativité, un coup d’œil, un esprit de sacrifice exceptionnelles. Les Berruyères ont hoqueté quand elle est partie à Venise et elles sont retournées au top quand Cathy est revenue
7- Céline Dumerc
Elle a récupéré en ville l’appartement de Yannick Souvré et quelque part les clés de la boutique. J’adore voir jouer Céline Dumerc. Sa patte gauche est redoutable et c’est une furie en défense, une petite cylindrée dotée d’un réservoir d’énergie inépuisable. Une référence pour toutes les jeunes basketteuses qui ne font pas 1.80m. Elle prouve qu’elle est bien l’une des meilleures meneuses mondiales de sa génération. Je n’ai toujours pas compris pourquoi Alain Jardel et Jacky Commères n’en ont pas fait leur numéro 1 à ce poste.
8- Le Berry
Pas de grand club sans un suivi médiatique de qualité. Je l’ai déjà écrit: Christian Ragot et Hervé Le Fellic font de la rubrique basket du Berry la meilleure des quotidiens régionaux français avec les collègues de l’Est Républicain de Nancy. Ils ont une production de stakhanovistes et toujours du qualitatif, voir ici. Ils sont à la fois journalistes et fans (n’est-ce pas Hervé qui portait le maillot de Cathy Melain à l’Euro 2001 ?). La Nouvelle République et France 3 sont aussi en éveil. Pierre Fosset est lui-même secrétaire de rédaction au Berry, ça aide pour sensibiliser le journal ;-).
9- L’ambiance du Prado
Il y a au Prado un parfum indéfinissable quand s’y joue un grand match d’Euroleague ou un énième duel avec Valenciennes. Ce n’est pas très beau, pas si grand (3000 places), mais les gens sont proches du terrain et savent se décarcasser quand « leurs filles » ont besoin d’eux. Bourges est une ville (trop) tranquille, et les basketteuses sont là -bas des célébrités, aimées et respectées. Chance inouïe : le foot est à la ramasse, ainsi le terrain est libre pour y danser le tango.
10- Valenciennes
Que serait Bourges sans VO et Valenciennes sans les Tangos ? Même si aujourd’hui Audrey Sauret ne sert plus de tête de Turc au Prado et Yannick Souvré au Hainaut, leur rivalité est une émulation sans égale pour les deux clubs. C’est Real-Barça ou OM-PSG. Sans les excès.





Commentaires
1. Le 23 janvier 2008 à 09:44
2. Le 23 janvier 2008 à 11:30
3. Le 23 janvier 2008 à 18:13
4. Le 23 janvier 2008 à 19:06
5. Le 24 janvier 2008 à 19:09
6. Le 24 janvier 2008 à 20:23
7. Le 25 janvier 2008 à 14:36
8. Le 25 janvier 2008 à 18:19
9. Le 25 janvier 2008 à 19:14
10. Le 1 février 2008 à 09:16
11. Le 3 mars 2008 à 11:03
12. Le 6 mars 2009 à 17:49
13. Le 11 mai 2010 à 18:15