MADE-IN-NBA/ 24 janvier 2008 / 01:57
Tais toi et joue!
Par maxiboy

Jamais un journaliste ne se plaindra qu'un joueur ait la langue trop bien pendue. C’est du pain béni, surtout quand ce n’est pas du off. Dans le monde de plus en plus aseptisé du sport professionnel, où l’on confond communication (« tout est génial. Il faut vendre le produit! » ) et information (« quand ça ne va pas, il faut le dire, même si ça dérange »), ce n’est pas la première fois que des dirigeants tapent, plus ou moins fort, sur les doigts d’un de leurs joueurs coupable d’avoir transgressé le droit de réserve. Ou la loi du silence, c’est selon. Dans l’affaire Joakim Noah, on est allé plus loin, beaucoup plus loin.
Rappel : les Bulls ont placé le Français (enfin, je ne sais plus finalement s’il a fait ou non les démarches nécessaires pour obtenir son passeport ;-)) sur l’inactive list pour le match du 11 janvier contre Phila. Motif qui paraît plus que valable : Joakim s’est violemment pris de bec avec l’un des assistants coaches, Ron Adams, lors du shootaround matinal. Il aurait même été ordurier. « Yeah ! Je le regrette car c’était idiot. Je tiens à dire qu’honnêtement, j’aime beaucoup ce coach (ils avaient passé Noël ensemble!), mais j’ai eu l’impression qu’il me manquait de respect, je suis allé vers lui et peut-être que je n’aurais pas du le faire. » Quant au coach intérimaire des Bulls, Jim Boylan, il commentera sobrement cette mesure disciplinaire : « Il est jeune et il est en phase d’apprentissage. Nous pensons que c’est une bonne leçon pour lui. »
Ce qui est franchement étonnant en revanche, c’est que Joakim a été suspendu également pour le match suivant à Atlanta… à la demande de ses équipiers, qui ont voté la sanction à l’unanimité ! J’avoue que ça m’a laissé bouche bée.
Je sais que Joakim –que je ne connais pas, mais que notre correspondant aux Etats-Unis, Pascal Giberné, suit depuis l’époque du lycée- est un « original ». Il est intelligent, extraverti, charismatique, nature, fin, drôle, généreux, humaniste, mais aussi rebelle, fêtard, versatile, cinglant et visiblement volcanique. Jo a ses opinions. Il avait sérieusement envisagé de boycotter la réception officielle à la Maison Blanche car il déteste la politique menée par George W. Bush. A Florida, il était vénéré par ses coéquipiers et adoré par son coach. Bref, il y a du Yannick chez le fiston, beaucoup de Yannick, même si la maman, Cécilia, a largement contribué à l’éducation du rejeton. Il est arrivé plusieurs fois en retard aux entraînements, et c’est injustifiable. Il engueule un supérieur hiérarchique, et il a de la chance de ne pas recevoir une lettre recommandée pour un licenciement immédiat. Mais faut-il pour autant le mettre au piquet s’il remue dans les brancards pour fustiger l'indolence de ses équipiers. C’est en tous les cas l’avis des équipiers en question. Et du « petit monde » de la NBA. Tony Q., lecteur assidu de ilovebasket.com, m’a envoyé des propos issus du blog de Eddie Johnson, 52 ans, un ancien grognard du circuit. C’est assez édifiant.
En résumé, Johnson demande à Joakim de la fermer ! Il dit ne jamais avoir entendu parlé d’un rookie au centre d’autant de controverses. Il rappelle que lui, quand il était débutant, il se contentait d’apporter aux anciens les journaux et les donuts à l’hôtel avant l’heure du départ à l’entraînement, que jamais il ne voulait s’imposer dans les conversations entre vétérans. Que ce n’est pas parce que le fiston Noah a gagné deux titres NCAA qu’il a droit de déroger à la règle. Que pour l’instant l’argent qu’il a en banque, il le doit à son séjour universitaire, pas à sa production avec les Bulls. « Mon conseil à Noah : simplement utilise ton énergie à progresser, laisse parler les vétérans et écoute les parce que ça s’appelle le respect ! Oh et Yeah, s’il te plaît ferme là ! »
Bref, ce qui compte en NBA, ce n’est pas de savoir si le discours est pertinent ou pas. Il faut avoir de la bouteille et un compte bien garni pour avoir le droit à la parole ! Je ne sais pas qui a raison, qui a tort, mais je crois avoir acquis une certitude. A savoir, Joakim Noah, qui avait refusé de s’inscrire à la draft 2006, retardant ainsi son entrée dans le monde des millionnaires pour faire une saison supplémentaire en NCAA, –tout en incitant ses potes à en faire autant- n’est vraiment pas du même moule…
Ce qui est franchement étonnant en revanche, c’est que Joakim a été suspendu également pour le match suivant à Atlanta… à la demande de ses équipiers, qui ont voté la sanction à l’unanimité ! J’avoue que ça m’a laissé bouche bée.
Je sais que Joakim –que je ne connais pas, mais que notre correspondant aux Etats-Unis, Pascal Giberné, suit depuis l’époque du lycée- est un « original ». Il est intelligent, extraverti, charismatique, nature, fin, drôle, généreux, humaniste, mais aussi rebelle, fêtard, versatile, cinglant et visiblement volcanique. Jo a ses opinions. Il avait sérieusement envisagé de boycotter la réception officielle à la Maison Blanche car il déteste la politique menée par George W. Bush. A Florida, il était vénéré par ses coéquipiers et adoré par son coach. Bref, il y a du Yannick chez le fiston, beaucoup de Yannick, même si la maman, Cécilia, a largement contribué à l’éducation du rejeton. Il est arrivé plusieurs fois en retard aux entraînements, et c’est injustifiable. Il engueule un supérieur hiérarchique, et il a de la chance de ne pas recevoir une lettre recommandée pour un licenciement immédiat. Mais faut-il pour autant le mettre au piquet s’il remue dans les brancards pour fustiger l'indolence de ses équipiers. C’est en tous les cas l’avis des équipiers en question. Et du « petit monde » de la NBA. Tony Q., lecteur assidu de ilovebasket.com, m’a envoyé des propos issus du blog de Eddie Johnson, 52 ans, un ancien grognard du circuit. C’est assez édifiant.
En résumé, Johnson demande à Joakim de la fermer ! Il dit ne jamais avoir entendu parlé d’un rookie au centre d’autant de controverses. Il rappelle que lui, quand il était débutant, il se contentait d’apporter aux anciens les journaux et les donuts à l’hôtel avant l’heure du départ à l’entraînement, que jamais il ne voulait s’imposer dans les conversations entre vétérans. Que ce n’est pas parce que le fiston Noah a gagné deux titres NCAA qu’il a droit de déroger à la règle. Que pour l’instant l’argent qu’il a en banque, il le doit à son séjour universitaire, pas à sa production avec les Bulls. « Mon conseil à Noah : simplement utilise ton énergie à progresser, laisse parler les vétérans et écoute les parce que ça s’appelle le respect ! Oh et Yeah, s’il te plaît ferme là ! »
Bref, ce qui compte en NBA, ce n’est pas de savoir si le discours est pertinent ou pas. Il faut avoir de la bouteille et un compte bien garni pour avoir le droit à la parole ! Je ne sais pas qui a raison, qui a tort, mais je crois avoir acquis une certitude. A savoir, Joakim Noah, qui avait refusé de s’inscrire à la draft 2006, retardant ainsi son entrée dans le monde des millionnaires pour faire une saison supplémentaire en NCAA, –tout en incitant ses potes à en faire autant- n’est vraiment pas du même moule…





Commentaires
1. Le 25 janvier 2008 à 00:09
2. Le 28 janvier 2008 à 13:17
3. Le 4 février 2008 à 00:38