LE BASKET FRANCAIS/ 6 février 2008 / 00:53
En ordre dispersé (2e partie)
Par maxiboy

A l’inverse, le fan de basket français est plus âgé, vit généralement dans l’une des citadelles du basket pro, de Pau à Gravelines, et il se demande comment on peut encore s’extasier en voyant soixante-sept dunks en un quart-temps. Le match des rookies du All-Star Game dépasse pour lui l’entendement. De toute façon, l’Amérique l’agace depuis longtemps et ce n’est pas la double présidence de George W. Bush qui l’a fait changer d’avis. Au contraire. Il se souvient avoir aimé les matches Lakers vs Celtics et la finesse du jeu universitaire, mais c’était il y a si longtemps. Le basket américain était encore un repère. Les joueurs n’étaient pas tatoués de haut en bas, leur musculature était encore décente, et ils connaissaient les fondamentaux à la perfection. Le fan de basket français estime qu'un match se vit au bord du terrain pour entendre le souffle des joueurs et pas à des milliers de miles de distance. Seulement, il souffre aujourd’hui du manque d’identité du championnat dit de France, des pauvres résultats de nos clubs en Europe, de l'absence de retransmisions sur une grande chaîne accessible à tous, et est nostalgique de Delaney Rudd, Michael Young et Boris Diaw. Il a même perdu des potes, retournés au foot, conquis au rugby, ou partis à la pêche.
Attention : les défenseurs de la cause du basket français ne forment pas un bloc monolithique. A l’intérieur, on peut isoler le fan de basket féminin. Contrairement à une idée répandue, il n’est d’ailleurs pas forcément du sexe dit faible. Lui, il a les yeux de Chimène pour Cathy ou Emilie. Alors, les garçons…
Il y a aussi, et j’ai peur que ce soit la division -à prendre dans les deux sens du terme- la plus importante, ceux qui ne s’intéressent qu’à leur club, à leur équipe, à eux quoi. L’Amérique ? Une autre galaxie qu’ils ne veulent pas regarder au télescope. La Pro A ? Déjà , le terme « pro » leur donne de l’urticaire. De toute façon, ils ne connaissent aucun joueur. Les filles ? Oui, mais uniquement les pitchounes du club.
Ce phénomène a amené les magazines spécialisés à segmenter leur offre. Si Basket News et Reverse cherchent à contenter tout le monde (comme moi sur ce blog ;-), ainsi que Sport +), Maxi-Basket qui se voulait jusque là œcuménique, a opté pour la carte française dans la deuxième moitié des années 90, alors que MVP Basket, 5 Majeur et Mondial Basket (et Canal + du côté de la télé) sont marqués au fer rouge de la NBA.
Connaissez-vous un autre sport co où une divergence de vue existe comme dans le basket ? Imaginez-vous les fans de foot rejeter la Ligue 1 pour s’extasier uniquement sur le championnat du Brésil, ou des gens de Perpignan ou Brive se lever la nuit pour regarder un match de la La Currie Cup sud-africaine de rugby, et ne jamais daigner jeter un œil sur ce qui se passe dans leur propre périmètre géographique ?
J’ai coutume de dire que la seule équipe qui peut regrouper toutes les tendances (les courants comme on dit au PS), c’est l’équipe de France. Car elle représente à la fois le basket français et le rêve NBA. Ce n’est que par elle que l’on peut faire venir les décideurs économiques et médiatiques sur la planète orange. Sauf qu’elle n’ira pas aux Jeux et que l’on est entré, au moins pour deux ans, dans l’hiver nucléaire.





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1. Le 6 février 2008 à 08:48
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