LES COULISSES DES MEDIAS/ 3 juillet 2008 / 07:24
Le Pape de la presse basket
Par maxiboy

Les élus 2008 sont Mesdames Georgette Coste-Vénitien, Catherine (elle préfère que l’on dise Cathy) Malfois, MM. Bernard Gasnal, Louis Bertorelle, Jean-Michel Sénégal et Pierre Tessier.
Je veux en profiter pour vous parler de Pierre Tessier. C’est le monsieur au milieu sur la photo. Je sais, les journalistes adorent parler des journalistes. Mais c’est plus que ça. Pierre Tessier fut le pape du journalisme de basket en France et c’est grâce à ses mots dans le journal L’Equipe que j’ai (en partie) découvert le basket de haut niveau.
J’avais été invité à son déjeuner de départ à la retraite, dans le cadre somptueux du Pré-Catelan. C’était il y a déjà dix-neuf ans. Pierre se retirait après 43 ans de métier dont 37 au service de la rubrique basket de L’Equipe.
« C’est vrai que j’ai conscience d’avoir été à cette époque là un privilégié. Parce qu’il n’y avait pas cette course à l’information. Nous, on partait, on était quelquefois 4 jours sur la route, et bien, on ne faisait pas de papiers pendant 4 jours. Là où on était moins verni par contre, c’était dans les moyens de communication. On partait parfois à deux : un pour aller au stade, l’autre pour téléphoner de l’hôtel. Et on pouvait mettre 15 heures à transmettre un papier, au rythme des coupures de téléphone. » Des anecdotes, Pierre en a ramassé à la pelle, lui qui a traversé tous les pays d’Europe sauf l’Albanie, et qui à la fin des années soixante avait calculé s’être posé dans 140 aéroports différents. Difficile d’extraire une aventure. Si, peut-être ce championnat d’Afrique à Bangui, en Centre-Afrique, du temps de l’empereur Bokassa. La finale opposait le pays hôte au Sénégal. « C’était la RCA qui avait désigné les arbitres, déjà . Ensuite durant le match, c’était le style « un Sénégalais partant tout seul au panier, marquant et le panier refusé, plus faute personnelle au joueur ! » Tout comme ça. Alors moi, j’avais raconté ça dans L’Equipe. Or il se trouve que là -bas, j’étais invité par les Centre-Africains. J’en avais rien à foutre : invité ou pas, moi je faisais mon boulot. Et j’avais passé mes papiers sur le télex de l’AFP où j’avais sympathisé avec le journaliste. Et puis j’étais parti le lendemain. Quelques temps après, j’avais reçu un coup de téléphone de l’AFP, me disant : « mais qu’est-ce t’as fait à Bangui ? Oui, on a reçu un télex comme quoi tu es interdit de séjour… » Et ils m’ont expliqué que suite à mon article, le gars de l’AFP avait passé 48 heures en prison, qu’à sa sortie, on l’avait ramené à l’agence, on lui avait dit « voilà , tu fais tes bagages, t’emmène ta femme et ton gosse à l’aéroport, et y’a plus de bureau de l’AFP. Fermé. »
Autre temps, autres mœurs. Je me dis que lorsque je prendrai à mon tour ma retraite professionnelle (combien d’années de cotisation déjà ?), je n’aurai pas d’anecdotes aussi savoureuses à raconter à de jeunes confrères. En revanche, je pourrai lui narrer comment Internet à bouleverser nos vies. Tiens, je vais le faire dans un prochain post…
Je veux en profiter pour vous parler de Pierre Tessier. C’est le monsieur au milieu sur la photo. Je sais, les journalistes adorent parler des journalistes. Mais c’est plus que ça. Pierre Tessier fut le pape du journalisme de basket en France et c’est grâce à ses mots dans le journal L’Equipe que j’ai (en partie) découvert le basket de haut niveau.
J’avais été invité à son déjeuner de départ à la retraite, dans le cadre somptueux du Pré-Catelan. C’était il y a déjà dix-neuf ans. Pierre se retirait après 43 ans de métier dont 37 au service de la rubrique basket de L’Equipe.
« C’est vrai que j’ai conscience d’avoir été à cette époque là un privilégié. Parce qu’il n’y avait pas cette course à l’information. Nous, on partait, on était quelquefois 4 jours sur la route, et bien, on ne faisait pas de papiers pendant 4 jours. Là où on était moins verni par contre, c’était dans les moyens de communication. On partait parfois à deux : un pour aller au stade, l’autre pour téléphoner de l’hôtel. Et on pouvait mettre 15 heures à transmettre un papier, au rythme des coupures de téléphone. » Des anecdotes, Pierre en a ramassé à la pelle, lui qui a traversé tous les pays d’Europe sauf l’Albanie, et qui à la fin des années soixante avait calculé s’être posé dans 140 aéroports différents. Difficile d’extraire une aventure. Si, peut-être ce championnat d’Afrique à Bangui, en Centre-Afrique, du temps de l’empereur Bokassa. La finale opposait le pays hôte au Sénégal. « C’était la RCA qui avait désigné les arbitres, déjà . Ensuite durant le match, c’était le style « un Sénégalais partant tout seul au panier, marquant et le panier refusé, plus faute personnelle au joueur ! » Tout comme ça. Alors moi, j’avais raconté ça dans L’Equipe. Or il se trouve que là -bas, j’étais invité par les Centre-Africains. J’en avais rien à foutre : invité ou pas, moi je faisais mon boulot. Et j’avais passé mes papiers sur le télex de l’AFP où j’avais sympathisé avec le journaliste. Et puis j’étais parti le lendemain. Quelques temps après, j’avais reçu un coup de téléphone de l’AFP, me disant : « mais qu’est-ce t’as fait à Bangui ? Oui, on a reçu un télex comme quoi tu es interdit de séjour… » Et ils m’ont expliqué que suite à mon article, le gars de l’AFP avait passé 48 heures en prison, qu’à sa sortie, on l’avait ramené à l’agence, on lui avait dit « voilà , tu fais tes bagages, t’emmène ta femme et ton gosse à l’aéroport, et y’a plus de bureau de l’AFP. Fermé. »
Autre temps, autres mœurs. Je me dis que lorsque je prendrai à mon tour ma retraite professionnelle (combien d’années de cotisation déjà ?), je n’aurai pas d’anecdotes aussi savoureuses à raconter à de jeunes confrères. En revanche, je pourrai lui narrer comment Internet à bouleverser nos vies. Tiens, je vais le faire dans un prochain post…





Commentaires
1. Le 3 juillet 2008 à 08:33
2. Le 3 juillet 2008 à 08:49
3. Le 3 juillet 2008 à 08:50
4. Le 3 juillet 2008 à 10:18
5. Le 3 juillet 2008 à 18:53
6. Le 4 juillet 2008 à 10:41
7. Le 4 juillet 2008 à 11:05