LE BASKET FRANCAIS/ 27 octobre 2008 / 07:14
Jeunes
Par maxiboy

Il me rappelle avoir eu Jean-Michel Sénégal comme coach à Jet Lyon, et avoir affronté à cette époque le Vichy de Christophe Grégoire. « Point Commun? » demande t-il. « Sénégal a un fils, Willy qui joua quelques années en Pro B. Christophe a un fils, Nicolas, qui jouait la saison dernière au Puy. Bruno, a deux fils, Adrien qui est sorti il y a un an du centre de formation manceau, et Julian. Aujourd'hui Willy, Nicolas et Adrien jouent ensemble à l'Union La Ciotat-Aubagne en Nationale 2. »
Il n’est pas faire injure à Bruno Servolle de noter qu’il n’a pas eu la carrière fructueuse de Christophe Grégoire, étendard de la JAV, passé par le voisin roannais et Challans, et fugacement par l’équipe de France. Grégoire était une teigne en défense. Ni surtout de Jean-Michel Sénégal, capitaine des Bleus, double vainqueur de la Coupe Korac sous le maillot vert de Limoges, après avoir fait une finale de Coupe des Coupes sous celui de Tours.
Leurs fils à ces trois-là sont donc des basketteurs anonymes dans ce qui correspond à la 3e division française. Sont-ils tout bonnement moins bons que leurs géniteurs ? Probablement.
Surtout le contexte a été bouleversé en 15, 20, 30 ans.
Les vieilles vidéos sont cruelles. Celle de la finale de la Korac à Padoue, en 1982, montre un Sénégal cloué au sol, absolument dépourvu de qualités athlétiques. Bien moins que l’actuelle meneuse de l’équipe de France féminine, Céline Dumerc. Christophe Grégoire avait du jump, mais une puissance très limitée. Quant à Bruno Servolle, il était fin, très fin. En soufflant un peu fort, peut-être se serait-il envolé.
Jean-Michel, Christophe et Bruno n’auraient plus leur place dans la Pro A du XXIe siècle. C’est péremptoire de dire ça, et pourtant on le croit si fort que ce serait hypocrite de ne pas l’écrire. Le basket-ball –le sport en général, car le même constat est à faire notamment au foot et au hand- requiert de plus en plus de qualités physiques, athlétiques. On y greffe ensuite la technique. Il faut être grand, costaud, courir aussi vite que Usain Bolt, sauter par-dessus une voiture, rester dans le short de son adversaire en défense. Si en plus, on sait scorer à trois points et faire la passe dans le timing, c’est parfait. Jean-Michel Sénégal défendait avec sa tête. Le corps suivait comme il le pouvait.
Sénégal, Grégoire et Servolle ont fait leur carrière avant l’arrêt Bosman, lorsque les équipes françaises étaient composées de deux Américains et de huit Français, avec juste quelques pincées de « naturalisés » et de « réintégrés ».
Aujourd’hui, la notion même de nationalité ne tient plus qu’à un fil. Les Allemands l’ont rangé dans une vieille armoire. En BBL, vous pouvez aligner dix Américains si ça vous chante. On ne dit pas que c’est bien ou pas. C’est comme ça. Si Bruno jette un œil sur l’effectif de son club de sa jeunesse, Villeurbanne, il remarquera que cinq des neuf joueurs majeurs ne sont pas « sélectionnables en équipe de France », et que c’est pire au Mans, où il transita, puisqu’il y en a que trois « sans restriction », Badiane, Diot et Leloup.
C’est « dur de se faire un chemin en championnat pro pour des jeunes » constate Bruno. Oui, c’est dur. Et c’est immense problème du basket français de ne pas offrir à ses licenciés de base, à ces minots, une vraie chance de jouer un jour dans l’élite. La Ligue 1 de foot ou la D1 de hand ne sont pas du tout dans la même situation.





Commentaires
1. Le 27 octobre 2008 à 08:12
2. Le 27 octobre 2008 à 08:34
3. Le 27 octobre 2008 à 09:15
4. Le 28 octobre 2008 à 09:40
5. Le 28 octobre 2008 à 12:46
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8. Le 28 octobre 2008 à 16:59
9. Le 30 octobre 2008 à 15:45
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