LE BASKET FRANCAIS/ 22 février 2009 / 07:21
Dans le rétro
Par maxiboy

Ainsi, avec Gérard Bosc et Freddy Fauthoux, nous avons abordé le même thème : l’identification des équipes du championnat de France professionnel. Un sujet qui m’est cher, car fondamental, déjà évoqué sur ce blog. Nous avions tous les trois le même avis, alors que nos profils sont différents. Gérard Bosc est un ancien coach (Caen, Reims…), président de club (Reims), et DTN (le premier de la mandature Mainini). Il est considéré en sus comme l’historien numéro 1 du basket français (le 2, c'est Jacques Monclar) Freddy Fauthoux est un ancien international, figure emblématique de l’Elan Béarnais et aujourd’hui adjoint aux sports de la mairie de Horsarrieu Pau. Et moi, je suis journaliste spécialisé. Dans le basket. Je dirai même dans le basket français.
Notre constat : on a de plus en plus de mal à nous repérer dans les équipes de Pro A. Et on n’a même pas évoqué la Pro B ! Trop d’Américains, trop d’étrangers, trop peu de grosses pointures, trop de changements.
Avec Freddy, on a parlé des sifflets qui l’attendaient systématiquement à Beaublanc, et j’avoue qu’il m’a donné la réponse que j’attendais : « Oui, ça me motivait, ça me transcendait. Et quelque part, ça faisait vivre le basket français. Depuis les années Pau-Limoges, je trouve qu’il y a une âme qui a été perdue, il y a moins d’intérêt pour le basket français. »
Effectivement, j’ai toujours estimé que c’était une reconnaissance d’être hué par le public adverse. Les Gadou et donc Freddy Fauthoux furent des figures de la Pro A, comme auparavant Richard Dacoury, ou beaucoup plus loin encore Jean Degros, l’homme aux cheveux drus. Dans la même catégorie, je mettrai Jimmy Vérove et… son père Yves-Marie. Les uns représentaient Pau, les autres Denain, Berck, Limoges ou Caen.
Qui aujourd’hui aurait idée de siffler Samad Nikkhah ou David Teague ? Samad qui ? David who ? Les joueurs sont ici, demain là , après-demain dans le sud de l’Espagne, ou au fin fond de l’Ukraine. Tenez, j’étais persuadé qu’un spectateur lambda était incapable l’année dernière de citer ne serait-ce qu’un nom de Clermontois. Cette équipe a traversé dans un anonymat total la Pro A. Ce n’est pourtant pas si compliqué : un, disons deux, joueurs français par équipe avec des contrats de longue durée, permettraient à chacun d’avoir des repères.
« Je m’intéressais à la NBA à l’époque de Jordan et Bird et depuis qu’il y a Tony, Boris et Mickaël, mais c’est tout. Cleveland, je ne les connais pas, mais je sais que LeBron James y joue. Les Lakers, je m’en fous, mais je sais que Kobe Bryant y est. Ce sont des franchises players qui sont ancrés dans le club. Pareil au CSKA Moscou avec JR Holden et Trajan Langdon, ou au Panathinaikos. Il y a des joueurs qui sont identifiés à leur équipe. Donne moi un club en France qui est identifié à un joueur ? Quand je vois Vichy à la télé, je ne connais personne » m’a dit Freddy.
J'aime tant observer la progression des jeunes Français... Ca m'a désespéré d'entendre hier soir sur Sport + Jacques Monclar dire que les présidents de clubs, par l'intermédiaire de l'UCPB, proposent que l'on porte le quota d'Américains par équipe à ... six. Six, avec la même enveloppe qu'auparavant pour deux. Je me demande si ces gens là ont une compétence conscience. S'ils font adopter cette règle, je les traînerais au tribunal international de Springfield pour crime contre le basket!
Bon, Gérard Bosc, Freddy Fauthoux et moi, on est sans doute de vieux cons, dépassés par la mondialisation, rétifs au changement, inadaptés à notre siècle, incapables de mémoriser 20 noms par équipe et par saison… Je disais justement à Bosc que je me souvenais mieux des Américains des années 70 que de ceux d’il y a deux ans. Si vous êtes vachard, vous pouvez commenter en disant que c’est le lot des personnes âgées d’avoir en mémoire ce qui s’est passé avant-hier et d’oublier les événements qui se sont déroulés une heure auparavant. OK, c’est probablement vrai ;-) Seulement aussi, à l’époque, il n’y avait que deux étrangers par équipe et huit Français. Et des Ken Gardner, des Lloyd King, des Rudy Bennett, et même plus près de nous des Delaney Rudd, sont restés suffisamment longtemps dans nos murs pour se faire reconnaître sur les terrains et dans la rue. Trop d’Américains a tué la saveur américaine, « l’exotisme » comme dit Gérard Bosc.
C’est vrai que Gérard est historien, et que moi, finalement, ma spécialité dans le basket, et plus particulièrement dans le basket français, ce sont les rétros ;-) Et si je me regardais ce soir un Antibes-Orthez avec Daniel Haquet et Freddy Hufnagel... Non, je blague, évidemment que je vais mater Orléans-Le Mans.
Avec Freddy, on a parlé des sifflets qui l’attendaient systématiquement à Beaublanc, et j’avoue qu’il m’a donné la réponse que j’attendais : « Oui, ça me motivait, ça me transcendait. Et quelque part, ça faisait vivre le basket français. Depuis les années Pau-Limoges, je trouve qu’il y a une âme qui a été perdue, il y a moins d’intérêt pour le basket français. »
Effectivement, j’ai toujours estimé que c’était une reconnaissance d’être hué par le public adverse. Les Gadou et donc Freddy Fauthoux furent des figures de la Pro A, comme auparavant Richard Dacoury, ou beaucoup plus loin encore Jean Degros, l’homme aux cheveux drus. Dans la même catégorie, je mettrai Jimmy Vérove et… son père Yves-Marie. Les uns représentaient Pau, les autres Denain, Berck, Limoges ou Caen.
Qui aujourd’hui aurait idée de siffler Samad Nikkhah ou David Teague ? Samad qui ? David who ? Les joueurs sont ici, demain là , après-demain dans le sud de l’Espagne, ou au fin fond de l’Ukraine. Tenez, j’étais persuadé qu’un spectateur lambda était incapable l’année dernière de citer ne serait-ce qu’un nom de Clermontois. Cette équipe a traversé dans un anonymat total la Pro A. Ce n’est pourtant pas si compliqué : un, disons deux, joueurs français par équipe avec des contrats de longue durée, permettraient à chacun d’avoir des repères.
« Je m’intéressais à la NBA à l’époque de Jordan et Bird et depuis qu’il y a Tony, Boris et Mickaël, mais c’est tout. Cleveland, je ne les connais pas, mais je sais que LeBron James y joue. Les Lakers, je m’en fous, mais je sais que Kobe Bryant y est. Ce sont des franchises players qui sont ancrés dans le club. Pareil au CSKA Moscou avec JR Holden et Trajan Langdon, ou au Panathinaikos. Il y a des joueurs qui sont identifiés à leur équipe. Donne moi un club en France qui est identifié à un joueur ? Quand je vois Vichy à la télé, je ne connais personne » m’a dit Freddy.
J'aime tant observer la progression des jeunes Français... Ca m'a désespéré d'entendre hier soir sur Sport + Jacques Monclar dire que les présidents de clubs, par l'intermédiaire de l'UCPB, proposent que l'on porte le quota d'Américains par équipe à ... six. Six, avec la même enveloppe qu'auparavant pour deux. Je me demande si ces gens là ont une
Bon, Gérard Bosc, Freddy Fauthoux et moi, on est sans doute de vieux cons, dépassés par la mondialisation, rétifs au changement, inadaptés à notre siècle, incapables de mémoriser 20 noms par équipe et par saison… Je disais justement à Bosc que je me souvenais mieux des Américains des années 70 que de ceux d’il y a deux ans. Si vous êtes vachard, vous pouvez commenter en disant que c’est le lot des personnes âgées d’avoir en mémoire ce qui s’est passé avant-hier et d’oublier les événements qui se sont déroulés une heure auparavant. OK, c’est probablement vrai ;-) Seulement aussi, à l’époque, il n’y avait que deux étrangers par équipe et huit Français. Et des Ken Gardner, des Lloyd King, des Rudy Bennett, et même plus près de nous des Delaney Rudd, sont restés suffisamment longtemps dans nos murs pour se faire reconnaître sur les terrains et dans la rue. Trop d’Américains a tué la saveur américaine, « l’exotisme » comme dit Gérard Bosc.
C’est vrai que Gérard est historien, et que moi, finalement, ma spécialité dans le basket, et plus particulièrement dans le basket français, ce sont les rétros ;-) Et si je me regardais ce soir un Antibes-Orthez avec Daniel Haquet et Freddy Hufnagel... Non, je blague, évidemment que je vais mater Orléans-Le Mans.





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