LE BASKET FRANCAIS/ 10 janvier 2010 / 07:12

SOS



Nicolas Pakomoff est un fan du SLUC et surtout le secrétaire et webmaster (voir ici) du (petit) club de basket de Velaine-en-Haye, tout proche de Nancy. Un club si ordinaire… mais menacé de disparition. Alors, quand Nicolas m’a lancé un SOS, je n’ai pas résisté à l’envie de lui ouvrir mes colonnes (zut ! Il n’y a pas de colonnes sur un blog ;-))

Tout d'abord, explique nous ton parcours de basketteur, et notamment ta participation à la fondation de Couguars'news?
En 1996, c'est la folie basket. Les Bulls remportent encore un titre. Jordan est un Dieu. À Nancy, le SLUC termine sa première saison en Pro A et nourrit plein d'espoirs et de projets. Jusque là, pendant nos années lycées, on n'a pas manqué un rendez-vous à Gentilly. Les jours de match, on arrivait à 17 heures, championnat espoir, échauffements des pros, quelques courses aux autographes, puis le match des pros. Lewis, Durham, Cérase, Lion, Zianveni... Au coup de sifflet final, on envahissait le parquet pour faire quelques paniers. C'est comme ça que j'ai fais la connaissance de JD, le fils de Roger Sivignon, intendant du SLUC à l'époque. On refaisait le match en lisant la feuille de stats, puis on allait enfiler quelques paniers. JD m'a proposé son projet de journal du Club, Couguars'news, que j'ai accepté avec plaisir, et j'ai pu vivre ma passion du basket encore plus à fond en entrant un peu dans les coulisses du SLUC. Cela a duré jusqu'à la fin de la saison 2000-2001, beaucoup d'anecdotes et de rencontres sur presque 70 numéros. Aujourd'hui, je ne connais pas la nouvelle rédaction, mais Couguars'news est toujours là, et a passé les 200 numéros. Je suis toujours supporter du SLUC, même si cette saison, je ne suis plus abonné pour la première fois depuis bien longtemps !

Le basket et moi, ça dure depuis encore plus longtemps. Pour mon parcours, ça va être rapide, c'est celui du petit basketteur amateur classique. Débuts tout petit, première licence en 1988, et beaucoup de basket en scolaire à Nancy, au collège et au lycée, avec compétitions UNSS, option technique sportive basket de la seconde à la terminale, puis des heures et des heures sur quelques playgrounds nancéiens bien-sûr.

Depuis quand existait ce club de basket à Velaine-en-Haye?
On arrive à cette fameuse année 96. Le Bac en poche, la fac, bref, du temps pour jouer et vivre basket à fond ! Mais pas forcément la volonté de jouer dans un club où il faut se dépouiller pour jouer 2-3 minutes en match. On était plusieurs comme ça a vouloir jouer tout simplement. C'est pour ça qu'on a "signé" à Velaine-en-Haye, en 1996, avec des copains de lycée qui habitaient tous la commune, et qui avaient décidé d'y créer leur club de basket. La philosophie du VBC : JOUER au basket, jouer ensemble en se faisant plaisir avant tout, quelque soit le niveau de chacun. A ce niveau, on a été une fois champion, et toujours bien classés. Depuis 96, on se retrouve tous les vendredi soir, et on joue en général le dimanche matin. N'ayant jamais eu d'équipes junior ou féminine, le club n'a jamais pu (administrativement) monter à l'étage supérieur, mais je suis sûr qu'on y aurait eu notre place sportivement. Nous avons actuellement 20 licenciés, tous bons potes. Les anciens reviennent souvent s'entraîner quand ils sont de passage. Bref, un régal de club sans prise de tête, où tout le monde vient pour le plaisir du jeu uniquement.

La municipalité refuse donc d'accorder une subvention car l'équipe est composée majoritairement de joueurs qui n'habitent pas dans la commune?
Avec les années, travail et vie de famille oblige, le noyau de joueurs qui habitait la commune s'est éloigné. Il n'y a plus que 3 joueurs de 96 dans l'équipe, et plus aucun n'habite à Velaine : c'est la raison pour laquelle la municipalité a décidé de cesser de nous verser la subvention qui nous permet notamment de louer la salle des sports dans laquelle on s'entraîne et on joue. La commune n'a pas sa propre salle des sports, mais elle nous reproche tout de même de ne pas attirer de joueurs locaux... Pourtant, en 14 ans, notre président, Sébastien Brocheray, s'est toujours débrouillé pour que le club ne manque de rien en trouvant des sponsors, ravis eux de soutenir un club local. Grâce à eux, maillots, ballons, équipements aux couleurs du club... Il y aussi eu les calendriers, les autocollants, et le blog qui aujourd'hui tourne très bien. Bref, on a toujours fait de notre mieux pour monter haut les couleurs de Velaine.

Aujourd'hui malheureusement, c'est catégorique, pas de résidents, pas de subvention. Le club de football de Velaine a mis la clé sous la porte suite au départ des responsables, et par manque de joueur... Impossible donc de dire si la mairie aurait eu la même attitude avec le sport roi s'il n'avait pas su compter sur des joueurs résidents. Ce qui est sûr, et triste, c'est que pour une question de principe, sans chercher à trouver la moindre solution, Velaine-en-Haye n'aura bientôt plus de sport collectif. Tout ça pour une subvention annuelle de 1500 euros, probablement une part "considérable" du budget sport et culture de la commune… Les habitants apprécieront de savoir que l'adjoint aux sports ne dilapide pas leurs impôts, c'est indéniable !

Il n'y a pas de voie de recours?
Aujourd'hui, il est clair que si l'association sportive et la mairie ne nous apportent plus leur soutien, on se battra quand même pour continuer à jouer au basket, sous une autre forme, association de quartier ou autre, auto-subventionnée, au pire en doublant le prix de la licence, ce qui n'est pas forcément à portée de toutes les bourses. Mais si des lecteurs ont déjà vécu ce genre de situation dans leur commune, et s'ils ont trouvé une solution, qu'ils prennent contact avec nous. J'en profite bien-sûr pour faire un dernier appel à la raison aux nouveaux élus qui ont appliqué leur règle de principe sans, d'évidence, la moindre réflexion, et à priori sans la moindre connaissance de l'histoire du club."

Voir des coupures de presse ici.

Commentaires

1. Le 10 janvier 2010 à 16:38

Supporter du SLUC Nancy basket, j'y ai joué ainsi qu'à l'ASPTT Nancy qui faisait davantage de formation que le club de PRO-A. Ensuite avec une dizaine d'étudiants, nous avions créé le club de basket de La Pépinière à Nancy en séniors.
Ayant quitté la Lorraine depuis dix ans, je ne connaissais pas ce club de basket de Velaine-en-Haye. Mais le blog est à voir, bien conçu et cette affaire de subvention montre bien les difficultés en France pour pratiquer un sport collectif. On espère que vous allez trouver un moyen de continuer, en tout cas je souhaiterai m'entrainer avec vous à mon prochain passage à Nancy. Pourquoi pas un tournoi pour renflouer les finances du club ? ou toquer à la porte de la mairie de Nancy ?
Il semble pourtant qu'à Nancy il y ait peu de clubs de basket pour accueillir la demande, à moins qu'on ne soutienne que 12 joueurs pros, souvent sans lien avec la Région.
A bientot à Gentilly et à la Forêt de Haye,

2. Le 10 janvier 2010 à 17:14

Il faut avoir vécu dans des villages pour avoir une idée de la méfiance qu'inspire "l'étranger", c'est-à-dire celui qui n'est pas né au village. Cela me rappelle une anecdote que je vous livre. Mon épouse était directrice d'une école primaire d'un petit village. L'arbre de Noël ayant lieu dans la salle des fêtes, elle a demandé la clé pour installer le sapin: "on ne prête pas la clé aux étrangers".
De la méfiance au rejet, il n'y a pas loin.Il suffit d'un peu de mesquinerie et d'égoïsme.
Est-ce que ce n'est pas un réflexe généralisé? Si non, pourquoi nous plaignons- nous ( moi le premier) qu'il y a trop d'étrangers dans os équipes?
Mais dans le cas d'un village de 1500 habitants, supprimer la subvention à un club qui amène un peu de vie au village, c'est quand même très mesquin.
Je vous souhaite de survivre sans trop de sacrifices de votre part. Pourquoi pas trouver un autre point de chute?

3. Le 11 janvier 2010 à 10:11

J'avoue avoir connu les difficultés du club de Velaine par l'intermédiaire de la presse.
C'est une énorme perte pour le Basket dans la région de Nancy.
Allez jouer à Velaine était toujours un plaisir !
Nous sommes (le club de Villers et moi même) de tout cœur avec vous.
Régis
Président du Club de Villers-les-Nancy

4. Le 11 janvier 2010 à 11:08

Cette histoire me rappelle celle d'une ville des Hauts-de-Seine, Puteaux pour ne pas la nommer, où la municipalité a flingué le club multi-sports de la commune pour la même "raison", les "étrangers". Résultat, les mômes de Puteaux devaient aller faire du sport dans d'autres villes (je sais pas où ça en est aujourd'hui, je ne veux plus m'intéresser à cette ville).

Cela dit, Gaston Fébus (du 31 j'imagine...), il ne faut justement pas faire l'amalgame entre ce "trop d'étrangers" dont on parle en matière de basket pro et le "pas d'étrangers chez nous" pratiqué par certaines municipalités (et existant dans bien des mentalités, je le vois dans le village du 31 où j'ai atterri il y a 4 ans...). Nicolas Pakomoff essaye, avec son club, de donner un peu de vie dans ce village, d'apporter une animation dans laquelle puissent se retrouver même les habitants du village... Au niveau pro, c'est un peu pareil : le côté "plus de français" (c'est la différence, on est dans le "plus", pas dans le "moins"...), c'est pour contribuer à faire vivre le tissu "basketballistique". Et, peut-être, à rendre le basket plus populaire.

En tous cas, de tout coeur avec le club de Velaine-en-Haye.

5. Le 11 janvier 2010 à 16:48

@Oscar Abine: Gaston Fébus était comte de Foix et Vicomte de Béarn, mais sa cour, brillante, était à Orthez.Avec Henri IV et le Prési, il est un modèle pour tous les béarnais. Un peu de ruse et de fierté, de la ténacité mais aussi de la tolérance et de la générosité.
Je m'étais rendu compte après coup que ma comparaison était un peu abusive. Ce n'est pas tout à fait le pmême problème effectivement.

6. Le 11 janvier 2010 à 18:08

Toutes ces petites communes de peripherie de métropoles plus importantes attirent du monde dans leurs lotissement en garantissant que les impots locaux seront on ne peut plus faibles grace à : aucunes écoles, crèches, maisons de retraite, équipements communaux pouvant attirer des dépenses (salles de sports, de spectacles, .....).
Et après les trop rares communes jouant le jeux se retrouvent avec plus de licenciés dans leurs clubs sportifs que d'habitants sur la commune.
C'est malheureusement le cas un peu partout en France mais nos concitoyens semblent trouver ça normal. Le lien social se pert et de plus en plus les championnats départementaux de basket, mais aussi de foot, de hand, de volley, etc; se jouent sur un très petit nombre de communes. Le sport loisir, plaisir est de plus en plus difficile à dénicher !!!

7. Le 12 janvier 2010 à 09:18

Pour info, Velaine-en-Haye est dans la banlieue de Nancy, à 5 minutes de la grande ville de basket lorraine, ce n'est pas un village perdu en pleine campagne.
Je suis d'accord avec Lolo87, même en honneur départemental, je me rappelle avoir rencontrer une équipe nancéienne qui s'est plaint après le match que nous n'avions que deux joueurs qui savaient jouer. Le basket loisir n'existe quasiment pas en France. Cela explique beaucoup de choses : comment suporter un sport qu'on ne peut pas pratiquer faute de clubs et de terrains. Et je ne parle pas de ces play-grounds où les panneaux et dimensions du terrains (marquages au sol n'en parlons pas, quand ils existent)sont tout sauf règlementaires...

8. Le 12 décembre 2011 à 19:18

Pas eu le temps ni la politesse de donner des niouzes du club, alors voilà : le VBC est bien mort. Aucune chance ne nous a été donnée, aucune réponse à nos questions déjà, bref, notre belle aventure s'est terminée à la fin de la saison dernière sur une victoire et une troisième place. L'ASPTT Nancy, qui nous avait trouvé et offert un créneau dans une de ses salles pour nous entraîner l'an dernier, nous a permis de rester unis dans une nouvelle équipe. Les anciens du VBC forment désormais la Cinq de l'ASPTT Nancy. C'est pas bon ça ?! Nouveau club, nouvelles couleurs, nouveau logo, nouveau blog (cinq.over-blog.com) et nouvelles victoires because we love basket aussi !

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