LE BASKET FRANCAIS/ 17 janvier 2010 / 07:31

Crise mondiale



crise
Rendons grâce à la ligue nationale de basket qui publie ses comptes. On aimerait une telle transparence au niveau de l’Euroleague… Je blague !

Je ne vais pas retranscrire tous le dossier de « présentation des résultats financiers cumulés des clubs engagés en championnat de Pro A et de Pro B pour la saison 2008-09», mais juste mettre en exergue quelques points.

- En Pro A, la situation nette cumulée s’est améliorée de 2,3 millions d’euros par rapport à la saison précédente.

- Les recettes de sponsoring constituent la première ressource des clubs avec 29,7M€, soit 47% des produits. Les subventions des collectivités représentent le deuxième poste avec 18,7M€.

- La masse salariale moyenne (hors charges) est de 1,6M€ (1,55M€ la saison précédente) avec quatre clubs (Lyon-Villeurbanne, Le Mans, Nancy et Roanne) avec des masses salariales supérieures à 2 M€ contre un seule la saison précédente.

- La moyenne de spectateurs est stable (3,565 contre 3,504 la saison précédente). Précisons quand même que Pau (5,115) est donc descendu à l’issue de cette saison et que ce n’est pas bon pour cette moyenne.

- La situation nette cumulée de la Pro B est négative à hauteur de 0,7M€, en forte diminution par rapport à la saison 2007-08.

- Le budget de masse salariale moyen pour un club de Pro B s’élève à 0,7M€ (0,62M€ la saison précédente).

« La synthèse des Résultats Financiers de la saison 2008-2009 confirme la très bonne santé financière de la PRO A, dont la Situation Nette a globalement progressé de 2335 K€ pour afficher une Situation Nette positive de 2189 K€ au 30/06/2009 » déclare Cyrille Muller, président de la Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion. Mais il met un premier bémol : « En revanche, les Résultats de la PRO B sont nettement plus alarmants surtout pour certains clubs. En effet, la saison 2008-2009 a vu la Situation Nette globale des clubs de PRO B se détériorer de 1461 K€ pour afficher une Situation Nette négative de 670 K€ au 30/06/2009. » Puis un deuxième : « Si les effets de la crise économique n’ont pas eu un impact très conséquent sur cette saison 2008-2009, il est à craindre qu’il n’en sera pas de même pour les saisons à venir et en particulier pour la saison 2009-10 en cours. La DNCCG sera donc toujours plus attentive lors de son contrôle financier et s’attachera à renforcer son rôle de Conseil auprès des clubs professionnels. »

D’ailleurs, dans son édito, la DNCCG (Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion » s’interroge –avec inquiétude, évidemment- sur les effets actuels de cette crise économique mondiale. « Malgré une réelle prudence affichée par la quasi-totalité des équipes dirigeantes de clubs, on a pu déjà constater les défaillances financières d’un certain nombre de sponsors –parfois attachés de longue date aux clubs- et les très fortes tensions sur la trésorerie. » Peu réjouissant, mais ce n’est peut-être pas le pire : « surtout, cette crise va avoir un effet retard sur les finances de l’Etat et des collectivités. »

Ceci dit, les effets négatifs de la crise financière mondiale sont bien entendu à l’échelle européenne et dans certains clubs –notamment à l’Est- qui font en amont des propositions mirifiques aux joueurs, on n’honore pas le versement des salaires, avant de mettre définitivement la clé sous la porte ! Ainsi, le BC Donestk, troisième du championnat ukrainien, a été liquidé jeudi après la démission de son président/mécène. Chacun ses moeurs.

Commentaires

1. Le 19 janvier 2010 à 08:17

C'est sur. En France, on ne fait pas faillite (ou liquidation judiciaire) et on est honnêtes de surcroit. Limoges a gagné son titre europeen et surtout son triplé 2000 sans attirer "frauduleusement (pt de vue ethique)" Marcus Brown

Ce Didier Rose, quel brave homme

Et Valenciennes n'a pas fait faillite 5 ans apres un titre europeen

Sans compter Besançon qui s'est offert des joueurs NBA (Hodge) avant de mettre la clé sous la porte



2. Le 19 janvier 2010 à 17:22

Donc là on est sensé être fier que nos clubs professionels (pour les sections amateurs c'est normal) soient majoritairement financés par les collectivités territoriales et donc les impots? En France c'est limite malsain que le secteur d'activité le moins touché par la crise ou le moins immédiatement soit le sport pro en général. Si les clubs étaient lés à de vrais entreprises et faisaient faillites en même temps, ça remettrait peut être les pieds sur terre des joueurs...

3. Le 19 janvier 2010 à 17:24

Petite question pour maxiboy:
Quand on parle de sponsor, si le nom du conseil général apparait sur le maillot d'une équipe, est ce que une partie de la subvention compte comme sponsoring maillot??

4. Le 20 janvier 2010 à 09:41

Australia, OK, il y a eu des cas plus que limite en France. Qui ont justement été sanctionnés, faudrait pas l'oublier : si le CSP a atterri en N1, c'est bien parce qu'il avait déconné auparavant.
Et Didier Rose a bien été en tôle, si je ne m'abuse ?
La France est comme tous les pays, il n'y a pas que des Bisounours, il y a aussi des personnes malhonnêtes, on le sait. Mais on sait également que la DNCCG contrôle ça et fait en sorte que la situation soit la plus saine possible. Certes, elle attrape pas tous les "méchants", mais qui le fait ?
Et ce sera toujours mieux que le laisser-faire absolu qui règne dans pas mal d'autres pays, tu ne crois pas ?
Pour le reste, cher Surfeur, effectivement, on pourrait se poser la question des subventions aux clubs pro. Du reste, c'est pour cela qu'elles sont aujourd'hui limitées, représentant, de mémoire, environ 30 % des budgets des clubs de ProA et B (donc loin du "majoritairement financés"...).
Et c'est vrai que, globalement, on pourrait espérer que le secteur privé soit plus présent dans le sponsoring. Cela dit, je ne vois pas bien en quoi les joueurs sont responsables de la crise... Ni en quoi le fait qu'ils toucheraient éventuellement moins d'argent la résoudrait...
Par ailleurs, il ne faut pas oublier que les subventions apportées par les collectivités territoriales ne sont pas "gratuites", que ces mêmes collectivités percoivent en échange des taxes sur les spectacles (qu'elles ne toucheraient pas si ces équipes n'existaient pas...) et que les clubs ont un certain nombre d'obligations vis à vis du tissu social de leur région à accomplir également.
Et puis bon, l'argument ultra-démago de "c'est nos impôts". OK. Vous préférez quoi ? Qu'on utilise nos impôts pour un spectacle qui peut donner envie à vos enfants de faire du sport, pour le nouvel avion de notre "bien aimé" président ou pour financer nos soldats en Afghanistan ?
(oui, c'est également totalement démago-populiste. Comme quoi on peut tous le faire, dans tous les sens...)
Ah, au fait, on pourrait aussi faire en sorte que le sport ce soit comme les entreprises, on pourrait délocaliser les matches en Chine ou en Roumanie. Mais ça va être plus galère pour se rendre à la salle... (bis populo placent)

5. Le 22 janvier 2010 à 15:52

On est d'accord que c'est pas mieux mais dans le cas de deficit, on pourrait faire un peu moins des 2.
Enfin au départ c'était juste pour dire que "bouh lesclubs de l'est qui ont des gros salaires qui nous piquent les meilleurs joueurs et qui font faillite après", c'est gentillet comme analyse, mais un peu facile

Ajouter un commentaire

Le code HTML sera affiché comme du texte.

Blog Widget by LinkWithin