LES COULISSES DES MEDIAS/ 4 juin 2010 / 08:11

Du Minitel au blog (2e partie)



basketusa
La suite de l’interview de Fabrice Auclert.

Quel était et quel est son modèle économique aujourd'hui ?
En 2002, aucun modèle économique. Juste maintenir le bébé en vie. J'ai de moins en moins de temps, et surtout je m'intéresse à une autre facette du basket : le scouting, le coaching, le consulting. L'après Jordan me lasse. Je continue BasketUSA mais sans passion. En fait, ce sont les milliers de visites qui me motivent à continuer. Mais je n'ai pas les moyens techniques et donc Benoit Dujardin me propose de l'intégrer à Basketzone via SportProd, une société que nous avions créée. Il m'apporte les stats, les classements, et des outils pour le mettre en valeur. Et ça marche ! Sauf que ça marche trop bien... et on arrive à une conclusion : soit on ferme, soit on passe au payant puisque l'audience de BasketUSA plombe les serveurs.

La mort dans l'âme, j'accepte le passage au payant. C'est super dur... Pas financièrement puisque BasketUSA me rapportait zéro depuis la disparition de Sportal. C'est en termes de popularité. Les emails d'insultes pleuvent. Les visiteurs disparaissent. BasketUSA est quasi mort médiatiquement.

On réussit tout même des coups. Par exemple, je parviens à accréditer Benjamin Adler ou Romain Brunet pour des matches ou le All-Star game américain. On existe encore mais écrire pour 100 personnes, ça fait mal quand tu as connu des chiffres 100 fois meilleurs.

Et en 2007, c'est la croisée des chemins. Je quitte mon emploi après le rachat par Next Radio TV. Je monte une agence de presse avec des amis/collègues avec du contenu à 99% informatique et high-tech. BasketUSA devient plus que secondaire. Il se meurt (un article par jour, et encore...), et je me consacre à mon agence.

Mais en 2008, on me réveille, et tu es bien placé pour le savoir. Basketnews débarque sur Internet. Gentiment, on me fait comprendre que BasketUSA et Basketnews.net ne peuvent pas cohabiter. Franchement, je pensais arrêter donc c'est le bon moment. Le projet de Pierre-Olivier Matigot me plaisait, et j'ai même participé au lancement de basketnews.net puisque je pigeais pour la partie NBA.

Mais je ne pouvais pas laisser BasketUSA comme ça, et je décide de le transformer en blog. Un peu à l'image du tien que je lisais, et qui était le seul à ma connaissance à être consacré au basket.

Mon fidèle compère du web, Julien Cornic, me développe un nouveau BasketUSA en trois jours. 450 visites la première semaine. On va les fidéliser et advienne qui pourra. J'y parle beaucoup d'histoire de la NBA, et de la culture NBA. Les jeux, la musique, la mode. Pour moi, la NBA, ce n'est pas un sport, c'est une culture, et c'était l'objectif de ce blog. Je voulais aussi profiter de mes connaissances dans le web "high-tech" pour amener ce côté buzz, vidéo, décalé... Je laissais l'info pure et dure à Basketsession ou Basketnews.net.

En fait, c'était ma récréation pour me sortir la tête de l'univers des PC, de l'iPhone, etc. Et puis, finalement, ils sont de plus en plus nombreux chaque jour. 2000, 2500, 3000... et ça me pousse à en faire plus, avec plus de gens, et on retrouve l'audience de début 2000. A ça, s'ajoute le partenariat avec Mondial Basket dont les écrits sont une véritable valeur ajoutée.

Sur le plan économique, 2009 a été consacré à l'apprentissage des moyens de revenus (régie, affiliation...), et 2010, j'essaie de le mettre en pratique. Ce n'est pas mon métier mais j'aime apprendre. Le référencement, le CPC, le CPM, le SEO, l'utilisation des réseaux sociaux... J'ai trouvé une régie et je lui maintiens ma confiance. L'argent qui rentre est redistribué aux auteurs, ou est consacré au développement du site. Pas de projet papier. Pas de projet radio ou vidéo. Je laisse ça aux spécialistes. BasketUSA, c'est le web.

En fait, BasketUSA est un formidable laboratoire pour moi : travail de titres et des mots-clés, encadrement, respect du copyright, compréhension et usage des phénomènes des réseaux sociaux. Petit à petit, l'équipe grossit : Benjamin est toujours là, et Emmanuel, Dimitri, Arnaud, Julien, Jonathan ou encore Elliot l'ont rejoint. Des plus jeunes aussi, qui veulent faire leurs premiers pas dans l'écriture, et BasketUSA le leur permet.

Le succès pousse à la professionnalisation. On se structure. Cela pousse à être plus exigeant aussi sur l'écriture, sur le timing et sur l'organisation. Il y a une attente désormais...

La suite demain.

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