LE BASKET FRANCAIS/ 4 décembre 2010 / 07:19

A Japy en ce temps-là



japy
En parcourant la thèse de doctorat de sociologie sur le « processus à l’œuvre dans la formation d’un sport-basket de haut niveau en France », que m’avait fait parvenir son auteur Sylvain Robert à la fin de l’année 1997, je suis tombé sur une info que je vous livre avec donc un certain décalage !

Le gymnase Japy est situé dans le 11e arrondissement de Paris, dans une rue qui porte son nom, pas loin des stations de métro Charonne et Voltaire. Je l’ai beaucoup fréquenté au début des années 80, à la création de Maxi-Basket, lorsque j’allais découvrir sur le tas à quoi ressemblaient des matches de Nationale 2 masculine et Nationale 1 féminine. C’est là que jouaient le Racing masculin de Andy Graham et le Racing féminin de Françoise Amiaud. J’y ai fait en quelque sorte mon apprentissage moi qui ne connaissait réellement que la Nationale 1 (l’actuelle Pro A). Avec son balcon, l’endroit est désuet, plein de charme et vous transporte littéralement dans un autre temps. Si vous avez l’occasion de passer par là, je vous invite à pousser la porte.

C’est un lieu chargé d’Histoire avec un grand H. Cette bâtisse de briques, d’acier et de verre date originellement de 1870 ! Elle fut dédiée de tous temps aux sports mais aussi aux réunions politiques. Elle appartient également aux heures sombres de notre pays puisque des juifs y furent parqués durant la 2e guerre mondiale avant d’être envoyés dans les camps de la mort. Durant l’été 58, le préfet de Paris, un certain Maurice Papon, y retint prisonniers des Algériens. Décidemment celui-là, toujours dans les coups tordus.

Japy a servi a quantité de matches de basket de haut niveau et c’est ici même donc qu’évoluait le Racing Club de France lors de la saison 1950-51, soit il y a exactement un demi-siècle, du temps du Hongrois François Nemeth et de l’international français Pierre Thiolon. On pouvait y rassembler 1,500 spectateurs et cette saison-là, la moyenne fut de 833. On parle d’entrées payantes, mais à l’époque s’il y avait des « ayant droit », on ne recensait pas de VIP et d’invités d’entreprises !

Dans la conscience collective –du moins de ceux qui s’intéressent de près au basket français et européen-, on retient ces grandes messes au Vel’d’Hiv –jusqu’à 12,000 spectateurs paraît-il-, et pour des championnats du Monde et d’Europe dans des stades en plein air avec 20, 30, 40.000 personnes. Mais la réalité de tous les jours, c’est que nos basketteurs jouaient dans des salles noirâtres et exiguës. Conséquence : le basket n’était pas un sport populaire mais réservé à quelques grappes de supporters. Car le Racing, non seulement n’était pas un cas isolé, mais au contraire se félicitait d’enregistrer la 3e affluence de France ! D’après le document consulté par Sylvain Robert, ce sont les Lorrains d’Auboué et leur Foyer des Sports qui étaient les numéros 1 avec 1,228 spectateurs. Suivaient Villeurbanne (889, sans politique de ticketing !), Tours (703), Montbrison (536) ; Monaco (462), Bellegarde (475) et La Rochelle (393). Il n’est pas indiqué combien de pékins se pressaient à l’AS Ménilmontant et à l’Avia Club.

Vous voyez que l’on a fait des progrès en cinquante ans !

Commentaires

1. Le 4 décembre 2010 à 19:49

Est-il possible de se procurer le document ?

2. Le 5 décembre 2010 à 22:26

Y a pas moyen de restructurer l'endroit pour en faire une salle de 10 000 places? ;)

3. Le 5 décembre 2010 à 23:04

Très belle salle en effet...

4. Le 6 décembre 2010 à 15:23

@Rina: Université de Nantes, Faculté des Lettres et Sciences Humaines. Une structuration inachevée: Processus à l'oeuvre dans la formation d'un sport-basket de haut niveau en France (formes et enjeux, 1920-1997). Sylvain Robert. 30 octobre 1997.

5. Le 7 décembre 2010 à 08:57

Je ne voudrais désespérer aucun âgé d'entre-nous, mais 1950, c'était il y a 60 ans, pas il y a un demi-siècle...
Pour le reste, c'est vrai que le basket des années 50 était "folklorique", Caraman (un village proche de Toulouse), qui "sévissait" en Nationale 1 à l'époque, accueillait ses adversaires sur un terrain en extérieur, que l'on déblayait au balai lorsqu'il avait neigé ! Et, pour se laver après le match, les joueurs avaient le droit d'utiliser... la fontaine du village !
Quant au nombre de spectateurs, difficile à comptabiliser, il semble, l'époque ayant été un peu moins "rigoureuse" en matière de comptabilité et de gestion des tickets (numérotation, etc.). Mais les documents d'époque montrent une affluence importante (pour un village qui devait à peine dépasser 1 500 habitants).
Gageons que "monsieur" Chamoulaud se fout très certainement encore plus de Japy ou de Caraman que de Roanne. Lorsqu'on conchie la géographie, on pisse sur l'histoire. (je l'ai pas digéré, lui...)

6. Le 2 mars 2011 à 09:50

Bonjour
Qui se souvient de JAPY dans les années 50-60 avec l' ASP SC 11.
Sacrée bande de copains et vive le basket
A bientot peut etre????
Jacques

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