LE BASKET FRANCAIS/ 21 avril 2011 / 07:40

JFL en Pro B



Pro B
Alain Béral, actuel président de Pau-Lacq-Orthez, est le très probable futur président de la Ligue Nationale de Basket. Il a envoyé son projet à l’ensemble de ses collègues de Pro A et Pro B. Nous nous en sommes procurés une copie et Thomas Berjoan en a fait l’édito du BasketNews qui sort aujourd’hui en kiosques.

Je ne vais ici qu’effleurer le sujet (72 pages de PowerPoint), mais en soulignant un point important et qui me paraît –je dis ça avec modestie- aller dans le bon sens. Alain Béral déclare qu’il faut produire des talents, donc des basketteurs disposant de temps de jeu. Et que le meilleur tremplin, c’est la Pro B. « Le nombre de JFL (Joueurs Formés Localement) doit progresser dans un premier temps en Pro B pour faire jouer les stagiaires issus des Centre de Formation et pas encore prêts pour la Pro A; la Pro B doit devenir le championnat pour les joueurs JFL encadrés par quelques non JFL . »

Alain Béral lâche un chiffre qui sonne comme un slogan : pas plus de deux non-JFL en 2013.

Sur le sujet, et sur les autres, chaque passionné de basket a son avis. D’ailleurs, par le plus grand des hasards –juré !-, je défends dans ce BasketNews l’option que la Pro B soit une vraie ligue de développement. Sauf que la voix de Alain Béral porte bien davantage que la notre puisqu’il sera donc –probablement- le prochain grand manitou du basket pro français. Reste quand même à convaincre ensuite une majorité.

Commentaires

1. Le 21 avril 2011 à 08:40

Un projet qui me semble également aller dans la bonne voie.
Pourvu que ça soit entendu par les électeurs de la LNB (les clubs pro, donc...).
Et le passage à 4 non-JFL en ProA, il est toujours dans le pipe ou aux oubliettes ?

2. Le 21 avril 2011 à 08:58

c'est très bien mais le véritablement problème c'est cette pro A qui ressemble à une ligue Z des états-unis........il faut revenir à notre ancien système (2 non jfl par équipes, c'est tout), c'est pas en Pro B qu'on va trouver du temps de jeu pour les jeunes.....allez voir dans les équipes qui jouent la montée en Pro A, les jeunes ne jouent pas....

3. Le 21 avril 2011 à 10:49

Comment les equipes qui monteront de pro B en pro A vont-elles assumer la transition ?
Vouloir modifier en profondeur la pro B sans toucher a la division reine, me parait illusoire.

4. Le 21 avril 2011 à 13:40

La Pro B comme ligue de développement, je dis mille fois oui ! Cette division n'a selon moi pas d'autre raison d'être.

En revanche, imposer brutalement une réduction drastique du nombre d'étrangers en Pro A conduirait à une telle baisse de niveau et de compétitivité que cela serait suicidaire en l'état des choses. La Pro A n'a justement pas vocation a être une ligue de développement.

Pour le reste, quelles sont les autres propositions fortes de Beral ? Y a-t-il moyen de se procurer le document ?

5. Le 21 avril 2011 à 15:51

Y a un volet abordé sur la structuration des clubs basé sur une ligue semi fermée... c'était notamment ce qu'avait proposé Renée Le Goff à l'époque de son premier mandat. J'espère que cette fois ci, les présidents vont la jouer collectif en parlant d'une seule voix pour le bien du basket français, sinon c'est la fin des haricots !!

6. Le 22 avril 2011 à 08:48

Thomas Berjoan évoque certains aspects de ces propositions dans l'édito de BN d'hier.
Et j'avoue que je suis pas fan de tout. Moi, la ligue semi-fermée, je ne suis pas pour. Il n'y a aucun championnat majeur d'aucun sport majeur qui fasse ça hormis l'Euroleague de basket. Et c'est bien assez.
D'autant que se poseraient des problèmes avec une ProA semi-fermée qu'il n'y a pas avec l'Euroleague, notamment en matière de montée-descente. Une ligue semi-fermée, ça voudrait dire que l'équipe A, qui a sa licence, peut finir 16e, derrière une équipe B (14e - peu importe le statut de C, 15e) qui n'aurait elle pas de licence, mais que c'est l'équipe B qui descendrait et pas la A ?
Pour moi, c'est inacceptable, sportivement parlant. Surtout qu'on arrive là à complètement renverser le propos de la base de cette idée : on dit "c'est fait pour aider des clubs à pérenniser leur action, à se renforcer". Ben ouais, mais si c'est pour terminer dernier, ça prouverait simplement que le club est incapable de gérer tous ces aspects. Et il n'y a aucune raison de "récompenser" la nullité. Surtout quand, en plus, tu as eu plus de possibilités que d'autres pour consolider ton club.
En outre, combien de clubs "protégés" ? 4, 8, 14 ? Dans ce dernier cas, autant dire tout de suite à ceux qui accèdent en ProA que c'est juste pour une année. Comme ça, c'est tranquille, ils s'emmerderont pas à recruter puisqu'ils sont sûrs de descendre.
Et puis bon, les meilleurs clubs, ils n'ont pas besoin de ça pour se structurer, avancer, pérenniser leur projet. Et les clubs bien gérés s'en sortent même s'ils se retrouvent obligés à passer une année ou plus en ProB. Regardez Pau-Orthez, ça ne les a pas pénalisé, leur année en ProB. Ils remontent plutôt bien la pente.

Quant à la ProB "ligue de développement", l'idée à la base est bonne. Mais à peaufiner à de nombreux niveaux. Car plusieurs questions se posent. Et la N1, ça devient quoi ? Un "rebut" pour les actuels joueurs de ProB surnuméraires ? Comment on fait pour mettre que des jeunes dans les équipes ? On fait comme à un certain moment en N1, on oblige à ce qu'il y ait au moins deux -21 ans qui jouent dans le match, avec les mascarades que ça a provoqué ?
On dit qu'un club de ProB doit forcément avoir x U21 sur la feuille de match ? Au risque de voir les non U21 jouer 40 minutes ? Que fait-on de tous les joueurs français actuels ayant plus de 21 ans ? Au rebut ? En N1 ? Mais alors que fait-on de ceux qui sont en N1, etc. ?
Plus encore, s'il s'agit juste de recréer le championnat Espoirs avec deux-trois "vieux" en plus, je ne vois pas l'intérêt. Un jeune, il progresse dans l'adversité, pas à la fête à neuneu. Il faut qu'il soit confronté à des joueurs expérimentés, mûrs, qu'il prenne des coups, qu'il les rende, qu'il s'impose, qu'il montre qu'il est meilleur qu'un "vieux" qui n'est pas là pour lui céder sa place. Rubio ou Claver, on ne leur a pas "donné" de place, ils l'ont prise tout seuls.
De même, se pose le problème, évoqué par Clément, de la montée en ProA d'un club de ProB (et, dans le même temps, de la descente d'un club de ProA en ProB). C'est vrai qu'il arrive fréquemment qu'un club montant change 90% de son effectif. Mais si cela signifie que les jeunes qu'on a "mis en apprentissage" en ProB ne sont pas considérés comme suffisamment intéressants pour monter en ProA, le processus perd tout son intérêt. Et on ne peut pas forcer un club montant en ProA à faire jouer des jeunes si on ne l'impose pas aux autres clubs de la division, c'est une question d'équité sportive.
On pourrait penser à mettre en place un système de "clubs filiales" comme en Espagne, avec des transferts possibles en cours d'année entre le club de ProA et sa "filiale". Sauf qu'ils font ça avec des clubs de l'équivalent N1, pas de l'équivalent ProB. Surtout que la ProB est un championnat professionnel, donc difficile à modifier de la sorte.
Après, c'est vrai que la ProB n'a guère d'intérêt que pour les fans comme nous. Mais c'est vrai pour la plupart des sports. Même la ménagère de -50 ans se fout de la D2 de foot.
Alors, autant je suis d'accord pour des mesures impliquant des critères de budget et de salle pour l'accession ou le maintien en ProA, autant la réduction des non-JFL est un objectif à atteindre progressivement, autant le développement des jeunes me semble essentiel, autant je pense qu'il y a encore des points à revoir dans la manière d'arriver à ces résultats. Le problème est d'arriver à trouver des solutions efficaces et qui puissent convenir à tout le monde.
L'une d'elles, concernant les jeunes, pourrait être la suivante : un club de ProB a l'obligation d'avoir, disons, 4 U21 sur la feuille de match. Mais le club "père" de ce club "filiale" (avec un système à prévoir pour les montées-relégations en ProA et/ou en N1) a la possibilité de récupérer provisoirement (pour une durée minimale à fixer, un mois ou deux,par exemple) l'un de ces jeunes pour le faire jouer en ProA, le club de ProB ayant alors la possibilité de faire appel à un pigiste JFL ou non-JFL (même s'il a déjà son quota de non-JFL) pour le remplacer. Ainsi, les deux clubs n'y perdent pas, le club de ProB a tout intérêt à faire jouer les jeunes et à les faire progresser. Seul inconvénient, on peut considérer que ça donne un "avantage" au club de ProB de pouvoir recruter un étranger ou juste un "vieux" à la place du jeune. Mais si ça contribue à diminuer le chômage (en engageant un JFL...), ce peut être une bonne chose.
Bon, maintenant, j'aimerais bien voir l'intégralité des propals de Béral, il dit sans doute des choses intéressantes...
(désolé d'avoir fait si long...)

7. Le 23 avril 2011 à 01:21

J'ai beaucoup de mal avec cette notion de JFL a qui il faut absolument donner de la place en ProA et ProB. Y-a-t-il des exemples de JFL de haut niveau qui n'auraient pas pu faire leur trou à ce niveau ? Le problème n'est-il pas plutôt que dès que nous en avons des bons, ils partent immédiatement en NBA, en Espagne ou en Italie ? Qu'est ce qui empêche Jackson, Lacombe ou Westerman de faire leur place à l'ASVEL, alors que Tilly ou Fofana y arrivent, en dehors du fait que peut-être qu'ils n'ont pas le niveau ? Si c'est pour dévaluer un peu plus notre ProA et ProB et être encore moins compétitifs en Euroleague, je ne vois pas trop l'intérêt. Par contre, je pense que naturellement, la majorité des jeunes qui sortent de l'INSEP feraient mieux de commencer à un niveau qui est le leur (Nat.1 par exemple)pour s'y faire remarquer plutôt que cirer le banc en ProA.

8. Le 23 avril 2011 à 11:17

Fr2c : le statut JFL, ce n'est effectivement pas pour les 5 meilleurs de leur génération, qui trouveront toujours le moyen de percer. C'est plutôt pour les joueurs d'un niveau un peu en-dessous. Permettre, justement, à des Lacombe (qui vaut sans doute mieux que les quelques minutes qu'il a actuellement) mais surtout à des Eito de montrer ce qu'ils valent vraiment. Coincé derrière des ricains, qui pensait qu'Eito pouvait avoir un tel rendement ? Je me souviens surtout avoir lu "il est nul". Et puis, hasard, il se retrouve avec les clés du camion à Vichy et on s'aperçoit que, ben, finalement, il est loin d'être mauvais, il est même capable de faire gagner son équipe.
Alors OK, hier soir, il a visiblement été dominé par Albicy (qui va peut-être sortir du rythme 1 bon match sur 4 joués...). Mais ça n'enlève rien au fait qu'Eito a bien joué. Et que la règle des JFL lui permet d'avoir une place. Comme d'autres joueurs, ceux qu'on appellera les bons joueurs de ProA, qui densifient le championnat. Et il en faut.
Quant à l'Euroleague, c'est vrai qu'à ne rien faire, on a vu quelle était notre compétitivité... Et je ne vois pas en quoi améliorer le niveau des JFL plombera cette compétitivité. Rappelons-nous que lorsque le basket français avait sa place en haut de l'affiche, c'est à l'époque où il n'y avait que 2-3 étrangers. Mais des mecs de haut niveau, bien supérieur à celui des ricains qu'on a aujourd'hui. Parce que bon, moi comme beaucoup, je ne me satisfais pas de voir des litanies d'US médiocres. Et c'est pas eux qui font gagner en Euroleague.
Par ailleurs, à l'Asvel, pour l'instant, il y a ce qu'on peut considérer comme le meilleur 5 majeur du championnat et c'est vrai que les jeunes ne jouent pas beaucoup. Mais ils ont montré plein de bonnes choses depuis le début de l'année. Et je trouve ça à la fois injuste, inapproprié, mesquin et faux de lancer qu'ils n'ont pas le niveau alors que c'est pour la plupart leur première véritable année de ProA (sauf Jackson qui reconnaît faire une mauvaise année, ça arrive même à des Rubio, donc...) et qu'un Westermann a 18 ans et relève d'une grave blessure au genou.
Mais c'est vrai que c'est plus facile de dire "ils n'ont pas le niveau" que d'essayer de nuancer et de comprendre. Par exemple qu'à ce moment du championnat, Ghrib s'appuie plus sur son cinq majeur, à la fois par besoin de gagner et par besoin d'apporter une meilleure cohésion à ce cinq.
Et c'est vrai qu'ils étaient bien ballots de faire jouer ces mêmes jeunes 10 à 15 minutes par match, puisqu'ils "n'ont pas le niveau"...

Après, oui, il y a le problème lié au fait que les meilleurs, ou supposés tels (j'ai quelques noms en tête de joueurs partis en NBA dont je ne suis pas sûr qu'ils soient meilleurs que beaucoup d'autres restés en France...), partent vers l'étranger. Et c'est là qu'entre en ligne de compte l'équation grande salle - budget plus important, permettant de retenir plus facilement les jeunes.
Mais faut remarquer que ce n'est pas qu'en France qu'on voit ça. Saric qui veut aller jouer au Pana, c'est pas pour le prestige... Bomayo qui ne veut pas retourner à Fuenlabrada (tiens, pourtant, c'est l'Espagne...), c'est parce qu'il espère le jackpot en NBA. Tous les pays sont touchés. Mais ça empêche pas qu'il faille développer notre formation pour sortir des joueurs de qualité. Sans ça, je vois pas comment on peut gagner en attractivité et en compétitivité.

9. Le 25 avril 2011 à 21:49

@OscarAbine : Je ne vois pas trop de contradictions entre nous, simplement une argumentation différente. D'abord j'ai bien relu ce que j'ai écrit et je n'ai pas tenu de propos tels que machin est nul ou bidule na pas le niveau. J'ai seulement dit n'a peut être pas le niveau. Je ne suis pas péremptoire. Ce que je pense simplement, c'est qu'il vaut peut être mieux faire son trou en proB (ex-Moerman à Nanterre, je crois), voire en Nat1; y être remarqué et arriver au niveau supérieur en y étant désiré et pas simplement à cause d'un quotat. Le quotat est souvent synonyne d'essuyage de banquette. Je suis aussi bien d'accord que certains joueurs gâchent leur carrière basket en partant en exil NBA pour jouer quelques minutes de garbage time par saison. Mais il ne faut pas leur en vouloir quand on sait que ces quelques minutes leur permettent souvent au bout de 3 ans d'avoir mis leur famille à l'abri financièrement. Qu'auraient ils gagnés en JFL en ProB ?

Ajouter un commentaire

Le code HTML sera affiché comme du texte.

Blog Widget by LinkWithin