EXCLUSIVEMENT FEMININ/ 20 mai 2011 / 07:20

Les Sereines



lunac
En furetant sur Internet –en fait, je cherchais confirmation que Paoline Salagnac avait signé à Tarbes-, je suis tombé sur le site de « La Dépêche » sur cet article (voir ici) qui a fait remonter en moi de grosses bouffées de nostalgie.

Je suis retourné dans ma collection de Maxi-Basket. C’était pour le numéro 4 de janvier 1983 que je m’étais rendu au fin fond de l’Aveyron, à une vingtaine de kilomètres de Villefranche de Rouergue. « Combien de jeunes citadins arrivés ici avec leurs belles illusions, désireux de mener une existence écologique, sont repartis quelques mois plus tard, victime de neurasthénie et des hivers glacés sans chauffage. »

Les Serènes de Lunac carburaientt donc au foie gras pour s’offrir un budget que j’estimais alors rondelet de 300,000F (Tiens, pour donner un ordre d’idée, Maxi était alors vendu 15F). De 30kg de foie gras (100 boîtes) dix ans auparavant, la production était passée à 6-7,000 boîtes en 82.

Vous pouvez en savoir davantage grâce à ce reportage inclus dans le journal de 20h d’Antenne 2 et présenté par PPDA, s’il vous plaît ! (voir ici).

A l’époque, Lunac tenait le choc en Nationale 2 –le club se hissera donc ensuite au plus haut niveau, ce qui était complètement phénoménal- et le jour de mon reportage, l’adversaire était le BAC Mirande et était coaché par Alain Jardel. Le temps passe ; j’ai assisté le jeudi 5 mai à son dernier match de coach lors de la finale du championnat de LFB, Bourges-Tarbes. Pour l’anecdote, le coach des Serènes s’appelait Pierre Laval et je me disais que c’était un nom lourd à porter !

On m’a souvent demandé quels sont mes plus forts souvenirs de journaliste, et j’ai mis évidemment la couverture de cinq Jeux Olympiques, le summum pour ma profession comme pour un athlète. Voir les Lakers à Los Angeles, Michael Jordan en vrai, un Limoges-Pau (ou Orthez), l’équipe de France à Sydney et Novi-Sad, ce furent évidemment des moments formidables. Mais ce reportage à Lunac fait tout autant partie de mon Panthéon personnel.

J’avais été touché par l’accueil des gens, la sérénité qui se dégageait du club (tiens, j'avais même pas pensé à faire le jeu de mots, les Sereines de Lunac), du village. « Les paysans aveyronnais ne connaissent pas la société de consommation. Ce sont des gens qui vivent de trois fois rien et qui n’ont de comptes à rendre à personne » écrivais-je. Et puis le président du club Jean-Marc Santucci, un médecin qui l'avait créé de toutes pièces, m’avait énormément impressionné.

En lisant cette rétro dans « La Dépêche », j’ai su ce qu’il était advenu des Serènes : « L'histoire se brisera sur deux contrôles fiscaux consécutifs venant tuer le club. Amer, Jean-Marie Santucci quitta Lunac quelque temps plus tard. Les archives du club furent oubliées dans une maison dont le nouveau propriétaire s'en estime le dépositaire. Lentement, les histoires de basket s'en allèrent au fil des eaux de la Serène qui traverse la commune. »

Et forcément, je suis triste.

Commentaires

1. Le 20 mai 2011 à 14:31

En effet très beau reportage. Et je peux vous dire, pour y avoir accompagner une équipe il y a quelques saisons en NF3, qu'effectivement le bus ne peut pas renter dans la commune. Il faut le laisser dans les premières ruelles, car il lui est ensuite impossible de manoeuvrer. Par contre, ils ont une magnifique salle, qui contraste avec les maisons du village et dont certains clubs de LFB ou de Ligue 2 seraient bien contents d'avoir.

2. Le 25 janvier 2013 à 15:07

Personnellement je suis un enfant du village j'ai toujours vécut avec le basket. Je suis tériblement triste de ne pas avoir connue "la belle époque" même si il y a quelque année de sa nous (le club) somme remonter en N3 j'ai toujours rêver d'une salle pleine pour un match de N1F. Et j'éspére qu'un jour mon rêve se réalisera

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