DES NOUVELLES DU MONDE/ 23 janvier 2012 / 07:05

Heaven is a playground



manigault heaven is a playground gq
Les salons de coiffure ont ceci de pratique –outre de s’y faire couper les cheveux en deux- que l’on y feuillette des magazines que l’on n’a pas pour habitude d’acheter. C’est ainsi que j’ai découvert –et que je me suis fait offrir- le numéro de décembre de la version française de « GQ » puisqu’il y avait un reportage sur le basket-ball. Sur le streetball pour être exact.

Un reportage qui nous amène en entrée dans la célèbre prison d’Alcatraz, face à San Francisco, qui a été fermée en 1963 et où s’est tenu le « Red Bull King » en septembre dernier.

Reportage bien documenté et qui m’a fait pincer la corde sensible car on y parle de Earl « The Goat » Manigault personnage mythique des playgrounds newyorkais qui est pour moi au basket-ball ce que Chuck Berry est au rock and roll, sauf que j’ai vu, il y a quelques années l’auteur de « Oh Carol » (pour les amateurs cette version en répétition avec Keith Richards est absolument fabuleuse, voir ici) en concert alors que The Goat reste un mythe inaccessible ; je n’ai pas trouvé de vidéo sur Google. Mathieu Le Maux, le journaliste, y présente même « Heaven is a playgroud » sorti en 1976 -que j’ai acheté $1.98 à Bookland et j’en apporte la preuve ;-)- qui représente Les Evangiles pour qui a pratiqué ne serait-ce qu’une fois le basket dans la rue (en France il semble que l’on dit « en liberté »).

GQ parle du rapport ambigu entre le streetball et le basketball (j’ai enlevé le trait d’union) et Richard Dacoury nourrit la démonstration d’une anecdote intéressante datant de l’inauguration d’un playground Nike dessiné par Spike Lee à la fin des années 80 (si j’avais le courage j’irais fouiller dans mes archives pour vous donner la date exacte, mais là, franchement, je suis bien assis). Donc Dacoury, Stéphane Ostowski et Hugues Occansey, trois internationaux, ont été invités à en découvre avec des « joueurs en liberté. « C’était un peu la purge pour nous, mais il fallait répondre à l’obligation de notre sponsor » se souvient Richard Dacoury. « J’avoue qu’on y est allé un peu la fleur au fusil, sûr de nous. Une fois sur la place, on a vite pigé qu’on n’était pas forcément les bienvenus parmi ces mecs. On a aussi vite compris en regardant quelques matches qu’il y avait du niveau. Donc on s’est pris au jeu et on a joué serré. Ils n’ont pas vu le jour. »

Jacques Monclar rappelle de son côté une vérité première : « On a toujours joué au basket dans la rue. Mais ce n’est pas là qu’on l’apprend. Le basket, on le bosse à l’entraînement, en répétant des gammes, en respectant une discipline et selon des règles strictes. Ça c’est du basket. Les mecs du street ont un certain talent, certes, mais leur « show off » et leur gouaille de joueurs de pétanque ne suffisent pas. C’est un peu comme si vous mettiez un super jongleur dans un vrai match. Il exploserait très vite. »

Oui, mais Earl Manigault ? Ce gars de 1,85m qui allait chercher des quarters et/ou des billets de un dollar –c’est selon la version- sur le haut de la planche ? Il aurait pu jouer au plus haut niveau de la NBA si la drogue n’avait pas ravagé son corps et son âme ! Il serait entré au Panthéon de ce jeu aux côtés de Jordan, Magic, Bird. J’en suis sûr, même si je ne l’ai donc jamais vu jouer. J’en ai rêvé. Et puis Kareem Abdul-Jabbar a dit que c’est le plus fort joueur contre qui il ait jamais joué. Et Kareem c’est bien du réel. Du basket.

Commentaires

1. Le 7 août 2012 à 03:16

Ca donne envie d'aller voir de plus près...
Beau travail, David !

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