LE BASKET FRANCAIS/ 1 mars 2012 / 07:44

Les comptes de la LNB



La Ligue Nationale de Basket n’est pas sportivement la plus performante d’Europe (ouie! ouie! ouie!) mais on doit la louer pour sa transparence et aussi globalement pour sa bonne gestion. Combien de ligues en Europe peuvent en dire autant (la Bundesliga ?).

Evidemment cela date déjà un peu (une situation à juin 2011), mais il me paraît important de vous proposer un extrait d’un document envoyé cette semaine par la LNB intitulé « Direction Nationale du Conseil et du Contrôle de Gestion. Présentation des résultats financiers cumulés des clubs engagés en championnats de Pro A et de Pro B. Saison 2010-2011. »

On y remarquera notamment les difficultés financières de Hyères-Toulon et du Havre, signes avant coureurs de leurs malheurs sportifs actuels, surtout pour le HTV.

« Le résultat cumulé des clubs de Pro A affiche une perte de 2,3 M€ identique à l’exercice précédent, bien loin du bénéfice cumulé de la saison 2008-2009 qui s’élevait à 0,8 M€.

Cette variation du résultat cumulé des clubs recouvre des différences importantes de l’un à l’autre :
• Deux clubs enregistrent des pertes significatives : Hyères-Toulon Var Basket et STB Le Havre qui perdent plus de 0,2 M€ chacun, essentiellement sur leur exploitation.
• Deux clubs affichent des pertes plus mesurées : Elan Béarnais Pau-Lacq- Orthez et SLUC Nancy.
• Cholet Basket obtient une très belle performance à 0,3 M€ en positif, précédant Strasbourg IG, second meilleur résultat avec un gain de 0,1 M€.
• Les dix clubs restants affichent un résultat proche de l’équilibre.

La situation d’exploitation reste quasi identique à la saison précédente : les charges et les produits sont en hausse de 7 % et le déficit final d’exploitation de -1,6 M€ est en hausse de 5 %. Ce déficit final recouvre des situations très variées :
• 3 clubs ont des déficits d’exploitation inférieurs à 0,1 M€,
• 1 club est proche de l’équilibre,
• 1 club a un déficit d’exploitation inférieur à 1,3 M€, compensé par un produit exceptionnel du même montant (comme la saison précédente). Le résultat financier cumulé des clubs de Pro A reste légèrement proche de l’équilibre au 30 juin 2011, à 77 K€ , ce qui implique une bonne maîtrise des flux de trésorerie.

Situation nette au 30 juin 2011

La situation nette cumulée s’est améliorée de 30 % par rapport à la saison précédente.

La structure financière de la Pro A se stabilise d’une saison à l’autre, mais seuls sept clubs sur 16 ont amélioré leur situation nette depuis la saison 2009-2010.

• Cholet Basket, Le Mans Sarthe Basket et Limoges CSP affichent une situation nette supérieure ou égale à 0,5 M€, ce qui leur confère une véritable stabilité financière et une capacité à mener une politique sportive et commerciale plus ambitieuse sur plusieurs saisons.
• 4 clubs ont des situations nettes comprises entre 0,2 M€ et 0,5 M€ et sont en bonne santé financière : Orléans Loiret Basket, SLUC Nancy, l’ASVEL Lyon-Villeurbanne et Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez.
• 5 clubs ont des situations nettes positives mais inférieures à 0,5 M€ : sans être en danger immédiat, ces clubs recouvrent des réalités très différentes et sont dans des positions financières encore assez fragiles.
• 3 clubs sont en capitaux propres inférieurs à zéro : Strasbourg IG, Hyères-Toulon Var Basket et STB Le Havre, avec cependant des évolutions différentes. Strasbourg IG a amélioré sa situation nette de 40 % depuis la saison précédente, alors qu’Hyères-Toulon Var Basket et STB Le Havre ont aggravé significativement leur déficit.

Pour ceux qui aiment les chiffres l’ensemble du document est ici et ici.

Commentaires

1. Le 2 mars 2012 à 08:15

Intéressant. Mais voir que l'on a 14 clubs sains financièrement sur 16 me fait de plus en plus penser qu'augmenter le nombre de clubs en ProA est un non-sens : je ne vois pas comment il pourrait y avoir plus de clubs sains financièrement - surtout en cette période de crise économique...

2. Le 2 mars 2012 à 19:33

Au contraire, plus d'équipes = plus de matchs = plus de recettes guichets. D'ailleurs, une équipe comme Limoges est au moins aussi solide financièrement que la plupart des équipes du Top 8 de Pro A.

Il faudrait simplement veiller à challenger les budgets et éviter des situations comme celle du HTV ou de Roanne (anticiper un titre dans les 3 ans était beaucoup trop risqué et contraire à toute prudence élémentaire).

3. Le 3 mars 2012 à 08:26

DaMat : ah ouais ? En tant que supporter, tu les trouves où, les sous en plus ?
Moi, vu la période, je suis pas sûr qu'il y en ait beaucoup qui prennent sur la bouffe des gosses pour s'acheter deux places de match supplémentaires (oui, je sais, j'exagère).
Sans compter que la billetterie, c'est 15 % des recettes des clubs, c'est pas ça qui va changer grand chose...
Quant aux budgets des uns et des autres, on sait que la vérité du jour n'est pas forcément celle du lendemain...
Mais pour parler de ça, quand on voit qu'on a déjà du mal à avoir 14 équipes présentant un budget un tant soit peu important en ProA, je trouve absurde d'augmenter le nombre de clubs. Si c'est pour avoir des "cache-misère" avec 2 millions d'euros, bof. Tirer la ProA vers le bas, c'est pas ça qui va la rendre plus attractive.
Et me parle pas de Limoges. D'une part, c'est UN club, pas 18 ou 20... Ensuite, même "solide" financièrement, ça l'empêche pas d'avoir été relégué en ProB. Au CSP de montrer qu'il a le niveau pour remonter (allo, Denain ?) mais non, non et non aux wild cards dont on nous parle !

4. Le 3 mars 2012 à 13:01

Maxi-boy, le document n'indique pas les chiffres que tu indiques....je vois pas où ils sont?

j'aurai été bien curieux de voir la situation comptable de Roanne.

5. Le 3 mars 2012 à 13:31

@ Hugo: J'ai fait effectivement une erreur de manip. J'ai ajouté le 2e lien.

6. Le 4 mars 2012 à 11:25

OscarAbine, tes messages abordent 3 sujets complémentaires, à savoir la conséquence du passage de la Pro de 16 à 18 clubs sur:
1- la santé financière des clubs de ProA;
2- l'importance des budgets en ProA;
3- le niveau sportif de la ProA.

A mon sens:
1- l'impact ne peut être que positif.
2- l'impact sera positif mais marginal.
3- l'impact sera négatif.

La phrase sur la bouffe des gosses est certes exagérée, mais surtout démagogique. Oui, certains spectateurs ne pourront pas s'offrir deux matchs de plus par saison, mais les clubs ont des outils à utiliser (discrimination tarifaire, package, etc...), ce qu'ils sont plutôt parvenus à faire ces derniers mois: cf la hausse des billets vendus en 2011 et sur les matchs allers 2011/12.

Le passage à 18 clubs ne peut être qu'une excellente chose au niveau du sponsoring: il est beaucoup plus facile de défendre une position auprès d'un sponsort quand on présente une visibité de 3000 spectateurs sur 34 match que de 3000 sur 30.

Concernant Limoges, on ne peut qu'observer que le club aurait toute sa place dans une ProA à 18 clubs: sur les 3 dernières années, ils ne font pour l'instant pas moins bien que 2ème de ProB.

A mon sens, le principal danger pour les clubs est leur dépendance des subventions accordées par les collectivités locales (cf Montpellier en 2009 par exemple). Par contre, le point fort du basket français au niveau budget (pas au niveau sportif bien sûr) réside dans la courte durée des contrats, qui permet de répercuter d'année en année une diminution des produits.

Enfin bref, même si je pense qu'économique le passage à 18 clubs est justifié, je n'y suis pas favorable car on se retrouverait avec un ventre mou très important donc des matchs sans enjeux. Et je n'ai pas envie que la saison régulière de ProA ressemble à celle de la NBA.

7. Le 4 mars 2012 à 11:49

alors mettons en place une ligue quasi fermé avec des clubs en bonne santé financièrement et avec des salles cohérentes , cette ligue devra etre composé de clubs qui pense à l'attrait du basket en priorité ce qui n'est pas le cas actuellement ou chacun regarde devant sa porte
Arretons d'avoir bcp de non jfl dans les clubs .
Que la nationale 1 serve de ligue de développement à la pro a.
Des idées il y en as mais arretons de perdre du temps la ligue doit entendre les avis des uns et des autres et prendre un decision vite

8. Le 4 mars 2012 à 18:49

Cher DaMat, il y a quelques points sur lesquels nous ne sommes manifestement pas d'accord (ce n'est pas grave, ça permet de débattre).
Globalement, je ne vois pas en quoi deux matchs de plus à la maison seront positifs pour les finances d'un club. Dans le même temps, il y aura des frais supplémentaires pour les deux matchs à l'extérieur en plus. Sans compter que, comme dit précédemment, la billeterie ne représente guère que 15 % des revenus d'un club, ce qui reste relativement "marginal"
Pour les budgets, pareil : les sous ne poussant pas sur les arbres, je ne vois pas où les clubs vont les trouver. Et les sponsors ne vont pas faire de rallonge pour deux matchs de plus à domicile (parce qu'il y a erreur : ce ne sont pas 30 ou 34 matchs qui intéressent le sponsor, mais la moitié - n'oublions pas que, pour un sponsor, c'est plus encore les côtés VIP (invitations au match, petits fours avec les joueurs...) qui comptent que la présence sur le maillot - qui en plus ne concerne que deux ou trois des x dizaines de sponsors de chaque club).
Pour le niveau sportif, oui, ça sera négatif, c'est à peu près sûr.
Pour Limoges, il a aussi démontré l'an dernier la différence de niveau entre la ProA et la ProB : être deuxième de ProB ne signifie pas forcément (il y a des exemples inverses, nous sommes d'accord) que l'on a le niveau pour la ProA.
Je ne comprends en revanche pas ta remarque sur la courte durée des contrats : qu'entends-tu par "diminution des produits" ?
Pour le reste, oui, voir des matchs sans enjeu à partir de la 20e journée de championnat, ça pourrait ne pas être très "sexy"...

Pour autant, Hug, le principe de la ligue fermée, personnellement, me hérisse le poil. C'est la négation du sportif - à ce niveau, la NBA (avec ses atouts et ses tares) est une exception.
Pour la question des non-JFL, le problème est réel, mais se posent deux questions : la réaction de l'Union européenne (les règles de style JFL, ou JIFF en rugby, sont actuellement "auscultées" par la Commission européenne qui peut très bien rendre un arrêt les rendant caduques au nom de la libre circulation des travailleurs, auquel cas, bye bye les JFL...) ; la question de trouver des JFL - cela va prendre deux-trois ans au moins avant que soient formés suffisamment de jeunes aptes à jouer un rôle, même limité, en ProA.
Après, il faut effectivement arriver à trouver un moyen de réduire l'écart qui existe entre le championnat Espoirs et la ProA, ce qui peut passer soit par un système de prêts de joueurs en ProB ou N1 ou par une réforme de ces championnats. Seule chose sûre : la proposition émise par la Ligue sur le sujet n'enthousiasme pas du tout les coachs Espoirs, et pas parce qu'ils défendent leur pré carré, mais bien parce qu'ils ont une idée précise de ce qui manque aux jeunes qu'il forme (cf l'excellent dossier sur le sujet dans le BN de jeudi dernier).
Alors oui, il faut prendre des décisions. Et le plus vite sera le mieux. Mais ce n'est pas une raison pour faire n'importe quoi ; il faut aussi réfléchir à des projets que l'on ne sera pas obligé de retoquer au bout d'un ou deux ans parce qu'inefficace...

9. Le 4 mars 2012 à 18:51

Ah, au fait, DaMat : démagogique ? Non. Ou alors évoquer le fait que nous connaissons une crise économique importante est démagogique. Pour moi, ce n'est qu'une réalité.
Pour le reste, j'ai malheureusement connu des gens qui préféraient passer leurs sous dans une belle bagnole plutôt que dans l'alimentation de leurs mômes...

10. Le 5 mars 2012 à 10:43

OscarAbine, pour information, les données de la LNB pour l'exercice 2011 indiquent que les recettes générées par la billeterie représentent en moyenne 42 K€/match, tandis que les frais de déplacements s'élèvent à 9,7 K€/match. Par conséquent, l'impact pour les clubs actuels de ProA d'un passage à 18 clubs serait pour chacun d'eux égal à 2 X (42 K€ - 9,7 K€ - autres frais d'exploitation de la salle + autres ventes de type buvette, etc...). Cela ne me parait pas possible que cet impact soit négatif, je pense qu'il sera positif (mais marginal, comme indiqué dans mon message précédent).

Oui, la crise existe (j'en subis également tous les jours les effets, merci), mais cela n'est pas une raison de se cacher derrière son petit doigt. La hausse du nombre de clubs induirait une hausse de 13% de la visibilité pour les sponsors (34 matchs contre 30 pour les sponsors maillot, 17 contre 15 pour les autres): comme indiqué lors de mon message précédent, cela ne peut qu'être un argument de poids pour défendre une position par rapport aux principaux partenaires (j'ai bien dit "défendre", pas "augmenter") et convaincre de nouvelles sociétés. On peut imaginer plein de solutions pour améliorer le sponsoring:
- convaincre les sociétés qui font des opérations de communication dans d'autres sports (notamment football) plus onéreuses qu'en basket et assurant moins de visibilité;
- mettre en place des opérations de naming pour les salles (un nom différent par match par exemple) ou pour des animations ponctuelles (jeux entre les quart-temps);
- proposer d'être partenaire seulement sur 1, 2, 5 ou 10 matchs au lieu d'obliger les sociétés à s'engager pour une saison entière, etc...

Concernant Limoges, notons qu'un exemple ne peut jamais constituer une démonstration (c'est démagogique pour la même raison que pour le coup de la nourriture, des enfants et des grosses voiture). L'exemple de Limoges illustre néanmoins le fait que les promus qui réussissent à avoir des résultats ces dernières années sont les équipes qui ont conservé une base stable à l'intersaison. D'ailleurs, j'ai simplement constaté dans mon précédent message que Limoges faisait partie des 18 meilleures équipes françaises sur les 3 dernières années.

11. Le 7 août 2012 à 08:49

My love,
You are like a flower,
So sweet and pure and fair.

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