DES NOUVELLES DU MONDE/ 27 juin 2012 / 08:46
Les Seigneurs du Real (2)
Par maxiboy

Le premier coup de maître du Real est d’engager pour la saison 1961-62 Wayne Hightower. A cette époque les joueurs Américains en Europe sont presque aussi rares que les jours sans pluie sur la pointe du Raz. Et ce sont toujours des étudiants, des militaires venus renforcer l’équipe locale par hasard et gratuitement. Hightower, 2,03m, a été membre des Jayhawks de l’université de Kansas et drafté en 7e position par les San Francisco Warriors. Il a interrompu son cursus en 3e année, ne peut règlementairement intégrer la NBA dans l’instant, et Abe Saperstein, le proprio des Harlem Globbe Trotters, rêve de l’enrôler dans sa troupe aux côtés de Wilt Chamberlain. De son côté le Real a absolument besoin d’un big man car le basket espagnol n’en forme pas encore –la moyenne de taille des Espagnols est alors d’1,67m. Pedro Ferrandiz se rend sur place et convainc Hightower de faire sa saison de pénitence au Real pour une poignée de dollars. Furieux, Saperstein envoie au club espagnol une lettre véhémente où il menace Ferrandiz d’être mis en prison s’il revient aux Etats-Unis ! Le Real s’incline donc en finale contre Tbilissi (73-80) malgré les 32 points de son joyau à la peau d’ébène –et aussi l’apport d’un autre Américain, Stan Morrison-, lequel passe ensuite 10 saisons en NBA et en ABA.
C’est donc en 1964 que le Real remporte la première fois le « Saladier d’Argent ». Les Tchèques du Spartak Brno sont démantelés lors du match retour de la finale. Plus fort encore, le Real s’impose l’année suivante au CSKA Moscou. Il est alors équipé d’un duo d’Américains blancs absolument redoutables. Bob Burgess est un spécialiste du rebond et de la défense, Clifford Luyk cumule les points à distance avec son shoot typique –il n’accompagne quasiment pas son mouvement du bras droit avec la main gauche-, ou en contre-attaque.
Cliff Luyk est issu de Florida. Red Holzman, un scout des Knicks qui sera ensuite son coach, détecte un talent évident chez le joueur mais le président dictatorial Ned Irish refuse de l’engager l’estimant encore trop tendre à 21 ans. Luyk a la possibilité de s’intégrer à la ligue corpo, l’AAU, mais une fois encore Pedro Ferrandiz, qui pourtant baragouine à peine un peu d’anglais, fleure la bonne affaire et le décide à prendre un avion pour Madrid. « Avec Burgess, il s’est immédiatement adapté à la vie madrilène mais il va plus loin que son compatriote : il ne fréquente que des Espagnols, devient un connaisseur respectable de sangria, de paëlla et de cordero asado (agneau rôti). Au bout de six mois il parle espagnol presque sans accent » écrit Vicente Salaner dans L’Equipe Basket Magazine. « Nous étions abasourdis, jamais on n’avait vu un Américain se comporter ainsi » témoigne le responsable administratif du club, Francisco de Amescua.
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Commentaires
1. Le 27 juin 2012 à 11:31
2. Le 28 juin 2012 à 00:53
3. Le 2 février 2013 à 06:50