DES NOUVELLES DU MONDE/ 26 juillet 2012 / 10:22

Alexandre Belov, ce héros



alexandre belov
J’ai eu le privilège de le voir jouer de visu lors d’un match de Coupe des Coupes avec son équipe du Spartak Leningrad, de l’apercevoir de près en ville, lui et ses coéquipiers avec leurs manteaux élimés. Quelques petites années plus tôt je l’avais haï…

Je n’avais pas vu les images en direct car la télévision française n’avait pas diffusé la finale du tournoi olympique de basket de Munich. C'est le lendemain, et même probablement le surlendemain, à cause de la fin tardive du match, que j'avais découvert dans L’Equipe quelque chose d’inimaginable, les Etats-Unis avaient été battus par l’URSS, 51-50, après les « 3 secondes » les plus longues, les plus incroyables et les plus importantes de toute l’Histoire de ce jeu. Et c’est lui, Alexandre Belov, qui avait marqué le panier victorieux.

Je précise que la 1ère chaîne avait daigné accorder un reportage de 2 minutes et 42 secondes dans son JT du lendemain midi, avec les commentaires de Georges Dominique aussi confus que la fin du match ; il faut dire qu’à cet instant on ne savait pas encore que la réclamation des Américains serait rejetée.

Quelques semaines plus tard, j’avais lu tous les détails dans L’Equipe Basket Magazine sous la plume de l’envoyé spécial, Pierre Tessier, et découvert les images de ces « 3 secondes » d’anthologie au début des années quatre-vingt dix lorsque la Fédération Internationale avait produit une K7 sur l’Histoire du basket avec tout un développement sur Munich’72. Oui, que je l’ai détesté Alexandre Belov, car comme beaucoup d’adolescents, surtout ceux qui étaient imprégnés de basket (et de musique), j’étais pro-Américain et j’avais des boutons (rouges) à la seule vue du maillot CCCP.

C’est un mythe qui s’effondra en cette soirée munichoise, bien plus encore qu’à Indianapolis, en 2002, lorsqu’une Dream Team (enfin, une équipe constituée de joueurs NBA) tomba (trois fois) pour la première fois. Les Etats-Unis étaient invaincus aux Jeux Olympiques depuis que le basket y avait été invité, en 1936. 63 victoires de suite.

A l’époque les Etats-Unis et l’URSS étaient en état de détestation totale. Leonid Brejnev avait donné deux tours de vis au régime et quatre ans plus tôt les chars soviétiques avaient mis fin au printemps de Prague dans le sang. Pour les deux super puissances, les Jeux Olympiques étaient l’occasion tous les quatre ans de se mesurer, pacifiquement, mais avec férocité. Cette année-là, les Soviets dominèrent les Yankees, 99 médailles contre 94 et surtout 50 d’or à 33. Les JO de Munich furent surtout marqués par la prise d’otage d’athlètes israéliens par des terroristes palestiniens et l’assassinat de onze d’entre eux.

Pour le bon vouloir de la chaine américaine ABC et son obole de 5 millions de dollars, la finale fut programmée à minuit, heure de Munich. Les 7,000 spectateurs de la Siegenburgerstrasse allaient assister à une dramaturgie inégalée.

La suite demain.

Commentaires

1. Le 26 juillet 2012 à 20:23

Je ne sais pas combien il y aura d'épisodes mis c'est déjà passionnant.

2. Le 27 juillet 2012 à 09:35

T'es sûr que la finale 72 n'a pas été diffusé ? Car je me souviens très bien d'avoir enragé , devant mon poste, (J'étais pro-ricain à donf, pour les mêmes raisons que toi plus, si tu te souviens de ça, la suspicion de voir en les athlètes de l'Est des professionnlels déguisés en amateurs), devant mon poste. C'était sans doute du différé mais je le vivais comme du direct car ne connaissant pas le résultat final. Mes frangins et mon père étaient aussi scandalisés que moi.
Une question : J'ai de vagues souvenirs d'une sorte de greve ou de refus de participer aux JO des meilleurs joueurs NCAA. Que les selectionneurs avaient dû piocher dans le réservoirs des seconds couteau. Vrai ou fantasme ?

3. Le 27 juillet 2012 à 09:53

@Hugues Marcel: Le match n'est pas répertorié dans le listing de l'INA. Les trois dernières secondes ont peut-être été diffusées dans un autre résumé. Pour l'ORTF le basket était une discipline mineure, d'autant qu'il n'y avait jamais l'équipe de France.
Une grève? Je ne crois pas, à part Walton.

4. Le 27 juillet 2012 à 15:39

OK. Ce doit être ça. Ça devait être le lendemain. Pour la "greve", c'était donc du fantasme.

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