DES NOUVELLES DU MONDE/ 27 juillet 2012 / 07:15

Alexandre Belov, ce héros (2)



alexandre belov
La finale fut longtemps une purge.

A la mi-temps, les hommes aux maillots rouges menaient de 5 points, un capital qu’ils firent fructifier –un comble pour un communiste !- au point d’en posséder un moment le double (38-28) et encore 8 (44-36) à 4 minutes et 34 secondes de la fin.

On connaît le contexte du côté américain : interdiction absolue de puiser dans le formidable vivier professionnel des 17 équipes NBA mais aussi des 15 équipes de ABA toutes constituées de joueurs US. Pas question non plus d’avoir à disposition les universitaires qui venaient d’être draftés, genre Bob McAdoo et Paul Westphal. Quant à Bill Walton, énormissime avec son université d’UCLA, il dédaigna l’équipe nationale car il était en désaccord avec la politique de son pays au Vietnam. Huit des douze joueurs américains de Munich avaient tout juste 20 ans, à comparer aux Soviétiques d’âge mûr et qui avaient l’habitude de jouer ensemble. Côté américain, la préparation fut encore une fois bâclée. Par ailleurs le coach Henry « Hank » Iba fut critiqué pour ses options ultra défensives, sa frilosité, sa tendance à inhiber ses joueurs.

« Je ne sais pas si c’était dû au désespoir, à l’instinct de survie ou à ce que l’on appelle l’esprit américain, toujours est-il qu’à ce moment là du match, nous avons réalisé que si on ne se reprenait pas, nous allions être battus » expliquera Mike Bantom. « Press tout terrain, rapidité d’exécution et interception sur interception nous permirent d’inscrire un maximum de points en contre-attaques. »

49-48 pour les Soviets. Alexandre Belov et ses Adidas toutes rouges (flashy, le gars) se fait contrer par Tom McMillen, qui sera plus tard élu sénateur démocrate du Maryland. Pourtant Belov récupère la balle. Mais il perd le sens de la réalité et il veut refiler la patate chaude à Zurab Sakandelidze sans se rendre compte que l’option est très risquée. Doug Collins jaillit, intercepte, dévale le terrain pour marquer en contre-attaque. Sakandelidze sacrifie alors son corps pour interdire à l’Américain l’accès au cercle. Deux lancers.

Collins est dans les vaps et ainsi… il ne sent pas la pression. Il marque le premier lancer, puis le deuxième. 50-49 pour les USA. Il ne reste plus que 3 secondes au chrono.

Remise instantanée après le deuxième lancer. La sirène hurle alors dans la salle. Le coach Vladimir Kondrachine est en pétard. Il avait demandé un temps-mort mais il n’a pas été entendu. En fait les images de la télévision dévoileront qu’au moment du deuxième lancer de Collins, l’un des arbitres indique qu’il y a temps-mort alors que le deuxième fait signe de jouer.

Le secrétaire général de la fédération internationale, le tout-puissant William Jones, descend alors des gradins et se dirige vers la table de marque. Il ordonne que le temps-mort soit accordé à l’URSS et que le chronomètre revienne aux trois secondes initiales. Les Américains acceptent sa décision dans le calme.

Deuxième remise en jeu. Ivan Edeshko balance la balle que personne ne récupère. Le buzzer retentit. Les Américains sont persuadés qu’ils sont champions olympiques une fois de plus et ils sautent dans les bras les uns des autres. Seulement l’horloge est restée bloquée à 50 secondes et les préposés à la table de marque ont désespérément alerté les arbitres, lesquels ne se sont aperçus de rien et ont fait réengager trop vite.

Troisième tentative. Les Américains ont perdu de leur concentration, à commencer par Tom McMillen qui ne presse plus Edeshko comme auparavant. Celui-ci peut ainsi balancer la balle d’une main de toutes ses forces. La passe traverse tout le terrain et au millimètre atterrit dans les mains de Alexandre Belov qui la récupère d’un superbe effort athlétique, alors que Kevin Jones et James Forbes sont autour de lui. Pas de faute offensive. Belov envoie la balle dans le cercle. 51-50. Cette fois, c’est définitif, l’URSS est championne olympique. Rien ne sera jamais plus comme avant.

Un résumé à voir ici.

La suite demain.

Commentaires

1. Le 7 août 2012 à 03:07

Ca donne envie d'aller voir de plus près...
Beau travail, David !

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