LE BASKET FRANCAIS/ 10 août 2012 / 15:59

Elle est comme ça, Céline



céline dumerc
Aujourd’hui la France entière est tombée amoureuse de Céline Dumerc et des Braqueuses. Il suffit pour cela d’être en finale des Jeux Olympiques, d’être diffusé sur le service public, et d’être… naturelles.

On m’a souvent demandé pourquoi je m’intéresse au basket féminin, moi qui a été élevé exclusivement aux mamelles du basket des mecs. J’ai toujours donné trois explications : 1- depuis 1997 et la première victoire de Bourges en Eurolague, les Françaises ont des résultats, 2- elles sont super dispos professionnellement pour les journalistes, 3- je me suis toujours senti humainement plus proche des joueuses que des joueurs, et ce alors que les générations changeaient et que… mon âge était de plus en plus éloigné du leur. Mais la culture, le feeling restaient le même.

Je connais Céline Dumerc comme joueuse, comme tout le monde, depuis l’époque tarbaise lorsqu’elle était un espoir mondial. Ne fut-elle pas élue meilleure meneuse d’un championnat du Monde des 21 ans et moins où la France gagna le bronze ? Je me souviens de l’avoir interviewé lors de l’Euro 2003 en Grèce mais réellement découvert il y a une demi-douzaine d’années pour un portrait pour Maxi ; elle m’avait invité à passer chez elle dans son appartement de Bourges qu’occupait précédemment Yannick Souvré.

Céline Dumerc dans une équipe de basket c’est un peu la Reine des abeilles. Je l’ai tout de suite beaucoup apprécié, sa grande disponibilité, sa réactivité et sa sincérité dans les réponses, sa personnalité globale, et… son désarmant doute de soi même.

C’est un plaisir total d’avoir affaire à elle. Le journaliste est comblé tout autant que la personne.

L’année dernière en Pologne, avec mon pote Hervé Le Fellic du Berry, on l’a eu à disposition pendant une grosse heure dans les salons de l’hôtel des délégations à Katowice et je lui ai posé la question qui me taraudait depuis quelques semaines : mais pourquoi reviens-tu à Bourges après deux ans à Ekaterinbourg alors que tu pourrais gagner beaucoup, beaucoup plus d’argent en Russie, en Turquie ou en Espagne ? Céline expliqua alors que l’argent n’est pas sa priorité au contraire du plaisir d’appartenir à un club, à une équipe dont elle est fière de porter le maillot, d'être avec ses potes. Une incongruité dans le sport professionnel où les sensations se mesurent en euros ou en dollars.

« Ma mère est comptable, mon père est carreleur » expliquait-elle, « ils ne gagnent pas des mille et des cents, mais ils ont des petits plaisirs dans la vie. C’est ce à quoi j’aspire. Si j’étais une grande dépensière, très extravagante, peut-être que j’aurais signé ailleurs. Ce n’est pas le cas. Je considère que de toute manière, on n’aura jamais assez d’argent. Celui qui en gagne un million en voudra deux, celui qui en gagne dix en voudra vingt. C’est comme une drogue. Si tu gagnes 2,000 euros, soit heureux avec ce que tu as. »

Suivre un événement international comme journaliste présente de multiples avantages dont celui d’être en contact avec les acteurs. Mais je sais aussi qu’aux Jeux Olympiques ce c’est pas l’intimité d’un Euro féminin, que les one and one ne sont pas possible, et qu’il faut partager les joueurs et les joueuses avec les confrères en zone mixte. Surtout quand ils ou elles gagnent car tous les médias que vous ne voyez jamais le reste de l’année rappliquent.

Regarder les Jeux Olympiques à la télé autorise en revanche certaines libertés, comme de crier sa joie à chaque panier marqué et désormais de faire partager vos sensations à vos followers avec des tweets plus ou moins farfelus. Je me suis lâché annonçant que Céline « sera présente le 15 août à la gare de Bourges pour guérir les paralytiques, multiplier les pains et transformer l'eau en vin » ou que « Chuck Norris vient de reconnaître la paternité de Céline Dumerc. » C’est du 2e degré, Céline, du 2e degré…

J’ai constaté que Céline est devenue une… J’allais dire une star mais ce mot lui convient si peu… célébrité, qu’elle est dans la hype depuis quelques jours grâce à ses buzzer beater, aux victoires des Bleues et à son charme. Le toujours très informé Bertrand-Régis Louvet nous informe sur son blog que la demi-finale contre la Russie a été suivie par 6,2 millions de téléspectateurs pour la 1ère mi-temps et 4,68 millions en 2e. Des chiffres FANTASTIQUES quand on sait que le match a démarré à 22h. France 2 a paraît-il ouvert son JT de 13h avec Sandrine Gruda, Isabelle Yacoubou et Jennifer Digbeu chantant du Céline Dion a capella.

Ce que je voulais dire au final c’est qu’il n’y a pas tromperie sur la marchandise. Pour les avoir approché de près pendant trois ans, je peux affirmer que les Bleues et leur capitaine sont des filles vraiment bien. Et que depuis hier soir je ne suis pas seulement heureux pour le basket français mais pour elles, tout simplement.

PS :
1- Dans BasketNews l’année dernière, Céline disait : « je considère que l’argent ne va pas faire mon bonheur, et j’en ai gagné assez. » Il s’agissait évidemment de money…. Pas de l’argent olympique :-) Attention à ce sujet, toujours y croire, l’or est encore possible… Même si Team USA féminin 2012, c’est un peu la Dream Team de 1992.

D’ailleurs à ces… mélomanes averties j’offre ce chef d’œuvre du kitch. Entendre ici.

2- Rappelez-vous que Céline a collaboré à ce blog. Voir ici.

3- La photo d’illustration a été déposée aujourd’hui sur son compte twitter, @capsule19. Du Céline Dumerc tout craché.

Commentaires

1. Le 10 août 2012 à 17:03

méritée cette finale (elles gagneront pas par contre , faut pas rever) , état d'esprit remarquable , pas comme certains gars ( Noah , Mahinmi ou Beaubois au hasard)...un grand show après le match hier ! superbe !j'ai 2 places pour la finale , je pensais voir un Australie-USA...

2. Le 10 août 2012 à 18:33

Oui, bravo les Bleues. Caps est sensationnelle et on sent qu'elle est sublimée par une équipe qui vit bien depuis 3 ans sur et en dehors du terrain.

Par contre, je ne comprends pas qu'on puisse reprocher à BN le traitement réservé aux féminines. Le numéro (gratuit, d'ailleurs) portait uniquement sur les quarts hommes du fait de contraintes de bouclage et le site a publié 24 articles consacré aux Bleues et Bleuettes depuis le 1er août. Qui fait mieux?

3. Le 10 août 2012 à 21:53

@ DaMat: Je fais partie de ceux qui ne comprennent pas que Basket News puisse sortir un numéro sur le Web sans une ligne sur les filles. Si ce n'est pas de la misogynie, qu'est-ce? Mais j'ai bien compris que Pascal n'appartient plus à BN et qu'il ne peut être tenu responsable.

4. Le 10 août 2012 à 22:22

Publier 24 articles sur les féminines en 10 jours, c'est misogyne?

BN a sorti un numéro qui a été accessible mardi dernier vers 20h. Quelle aurait été la logique d'articles de présentation des quarts du tournoi féminin qui n'auraient été lus par la plupart des personnes qu'après ces matchs?

Pourquoi voir le verre d'eau à moitié vide et pas à moitié plein? Sur le site de BN, les EDF féminine et masculine ont eu un traitement quasi-identique (présentation des matchs, résumés, notation des joueuses/joueurs). Les équipes masculines de toutes les nations ont certes eu une présentation de leur quart de finale dans un pdf qui ne pouvait pas traiter des féminines pour des raisons de bouclage: je ne vois cela que comme un bonus, pas comme un acte de défiance vis-à-vis des femmes.

5. Le 11 août 2012 à 04:53

en fait ça fait une super pub pour l'euro 2013 tout ça mais j'imagine la tête des journalistes hors basket quand ils vont découvrir le dossier presse : des matches à vannes, trelazé, orchies...ouch...

6. Le 11 août 2012 à 16:56

Tac o Tac : mysoginie ? tu es sûr ? Alors, pourquoi BN met-il autant de papiers sur les filles sur son site Web ?
Il y a eu un choix éditorial de fait pour ce numéro gratuit : parler des quarts des JO. Hommes. Mais ça n'est pas de la "mysoginie", faut rester raisonnable !
Pour le reste DaMat résume très bien les choses, rien à ajouter...

Prof22 : je sais pas pour DaMat, mais je ne suis partie prenante dans aucune formule de BN. En revanche, oui, je suis journaliste. Et je peux t'assurer que, d'un point de vue pro, avoir focalisé le numéro sur les quarts homme n'a rien de choquant. Tu choisis de faire un numéro de "présentation", difficile de faire la présentation d'un événement qui s'est déjà produit...
Après, pour ce qui concerne BN et Maxi, je suis pas dans le secret des dieux, mais de ce que je vois sur le site, ils sont déjà plusieurs à parler de basket féminin, je ne vois pas pourquoi cela s'arrêterait.
Pour Maxi, je suis très triste du "départ" de Pascal. Maintenant, je ne vois pas comment juger ce que sera le "nouveau" Maxi sans l'avoir vu.
Ne faisons pas de procès d'intention...
Au fait, si le prochain numéro de BN, sur papier, lui, compte plein de pages sur les filles, comment les taxera-t-on ? De mysogines, toujours ?

7. Le 11 août 2012 à 19:21

Je ne suis pas du tout partie prenante dans BN, cependant je suis forcé de constater que la parution d'un hebdomadaire consacré au basket est une chance pour les passionnés de ce sport et non pas un droit. Sans une poignée d'irréductibles amateurs de basket, nous n'aurions que peu à nous mettre sous la dent en terme de championnats européens, euroligue, féminine, etc...

Je regrette très sincèrement le départ de Pascal Legendre (départ dont je n'ai aucune idée des raisons, Pascal ayant eu la pudeur de ne pas s'épancher publiquement à ce sujet), je note néanmoins que le traitement du basket féminin n'a pas évolué dans le temps et que les BN pré-fusion avec Maxi ne comportaient pas moins de pages sur les féminines.

Comme le dit très justement OscarAbine, il ne parait pas juste de faire un procès d'intention à une rédaction qui se défonce chaque semaine pour sortir un nouveau numéro.

8. Le 12 août 2012 à 11:09

@Prof22: pourquoi écrire "aussi" dans la phrase "La fede est aussi responsable de la non mise en valeur du basket filles"?

Concernant la polémique sur l'absence de communication des Bleus ce vendredi, je pense effectivement qu'un point presse aurait été le bienvenu, mais pas plus. Perdre de l'influx en multipliant les interviews à la veille d'une finale des JO n'aurait pas été le meilleur moyen de préparer le match pour des filles déjà fatiguées (cf Miyem qui twittait à 6h du matin que l'excitation l'empêchait de s'endormir).

Aux JO, l'info est noyée dans la masse et Pierre Vincent a raison lorsqu'il dit qu'on ne peut exister que par les résultats. D'ailleurs, les chansons du trio Gruda-Digbeu-Yacoubou ont sûrement beaucoup plus marqué les esprits que n'importe quelle conférence de presse.

Maintenant, à la fédé et aux ligues nationales de capitaliser sur cet exploit. Sciarra avait été invité chez Ardisson en 2000, pourquoi Dumerc ne pourrait-elle pas faire quelques apparitions TV? En tout cas, la moindre des choses serait d'utiliser l'open LFB pour mettre en valeur l'EDF, dont les joueuses évoluent principalement dans l'hexagone.

9. Le 12 août 2012 à 15:20

Que lis-je? Que Pascal Legendre, alias Maxi Boy quitte la famille BN-Maxi? Ses enfants le mettent à la porte ou il a choisi de les laisser grandir tout seuls? Franchement, cela fait trente ans que je suis abonné, je ressens un malaise, j'ai des craintes.
Cela dit, la vie continue et Céline et ses copines braqueuses ont fait un bien immense au basket. Des millions d'ignares les ont découvertes, ont découvert des gestes admirables, des personnes adorables. L'empreinte durera-t-elle? Espérons-le.

Ajouter un commentaire

Le code HTML sera affiché comme du texte.

Blog Widget by LinkWithin