DES NOUVELLES DU MONDE/ 18 août 2012 / 08:29

Le monument national grec



panayotis yannakis
Le transfert, ou plutôt la grande nouveauté de l’été en Pro A, ce n’est pas un joueur, c’est un coach qui arrive au Limoges CSP, Panayótis Yannákis, que l’on écrit Panagiotis Giannakis en anglais, et semble t-il Παναγιώτης Γιαννάκης en grec. Yannákis appartient à la caste des « 50 plus grands contributeurs de l’EuroLeague » à laquelle aucun joueur français n’a été convié y compris Antoine Rigaudeau.

Deux médailles obtenues coup sur coup avec l’équipe nationale figurent au centre de son palmarès de coach : l’une en or, au championnat d’Europe à Belgrade en 2005, l’autre en argent au championnat du Monde à Tokyo en 2006.

La première fois Yannákis a démontré qu’il avait un cœur énorme comme coach autant que comme joueur et qu’il ne lâchait jamais rien. Rappelez-vous, la France menait 62-55 à 40 secondes de la fin de la demi-finale, et la Grèce remonta l’écart en express pour l’emporter sur un panier à 3-pts assassin de Diamantidis.

La seconde fois, toujours en demi-finale, Yannákis apporta la preuve définitive qu’il est un fin stratège, déboussolant complètement Team USA de Mike Krzyzewski et LeBron James que l’on qualifiait pourtant très exagérément de Dream Team.

Mais c’est sur son principal fait d’arme en tant que joueur sur lequel je veux revenir.

Le « Dragon » s’est imprégné de basket à Ionikos Nikaias et il a la particularité d’avoir été drafté en 205e position par les Boston Celtics en 1982. A l’époque c’était rarissime pour un Européen.

Yannákis fit ensuite équipe avec l’Américain aux ancêtres grecs boulimique de points, Nick Galis, aussi bien à l’Aris Salonique qu’en équipe nationale. En 1987, la Grèce organisa l’EuroBasket. Elle n’avait aucun antécédent. Deux ans plus tôt, les Grecs ne s’étaient même pas qualifiés pour le championnat d’Europe en Allemagne et au Mondial’86 ils s’étaient classés 10e, 6e européen.

L’ambiance au Palais des Sports de la Paix et de l’Amitié donna la chair de poule aux plus blasés. A fond les watts, le DJ passa et repassa « The Final Countdown », le tube d’Europe, « The Eye of the Tiger », la musique du film Rocky IV, et « Victory » de Kool and The Gang. Et surtout le peuple athénien ne cessa de brailler « Hellas ! Hellas ! » (et de jeter des Drachmes). C’était Beaublanc à la puissance dix, c’est vous dire.

Extraordinaire… Surtout que l’équipe nationale bouscula tout ce qui était sur son passage, y compris l’URSS en finale. « Si c’est le public qui détermine le vainqueur, alors nous sommes loin du basket-ball. Les Grecs ont remporté leur titre dans une ambiance de carnaval. Cela aurait pu être la Mauritanie si les championnats s’étaient déroulés en Mauritanie… » gronda frustré Alexandre Gomelski, le coach soviétique. Sûr qu’à Moscou c’était moins joyeux.

Panayótis Yannákis n’avait pas donné pas sa part aux chiens, pour inciter le public à redoubler d’ardeur, et surtout pour défendre au moins comme deux, sachant que Galis adorait jouer la carotte en partant plus vite que les autres en contre-attaques. Un leader d’exception ce Panayótis au poil brun et au regard sombre mais jugé très sympathique en dehors d’un terrain.

Toute la Grèce avait regardé la finale à la télé et aussitôt la victoire acquise (103-101 sur deux lancers de Argiris Kambouris à 4 secondes du buzzer), les Athéniens envahirent les rues de la capitale. Là aussi un spectacle d’ordinaire réservé aux triomphes des équipes de foot. Je n’ai jamais rien vu de pareil.

Forcément j’ai une pensée émue aujourd’hui… L’exploit de la Grèce a fêté ces vingt-cinq ans à la fin du printemps. Il servit de déclencheur au boom du basket sur les bords de la mer Egée. La Grèce s’est installée comme un acteur européen majeur, en jeunes, avec l’équipe nationale, en clubs avec Olympiakos et le Panathinaikos. Seulement sa croissance ne fut jamais maîtrisée (comme ceci est dit avec des termes pudiques) et aujourd’hui le basket grec se retrouve dans le même état que l’économie du pays tout entière, en liquette. Ne vous y trompez pas pour autant : Panayótis Yannákis est lui un monument national à la fois mythique et toujours aussi magnifique.

Commentaires

1. Le 14 janvier 2013 à 02:27

ewQHR12hsdivvdvdaw
Very beautiful and comfortable. The size that fits me. Unfortunately, my dog ​​ate within a few days of wear. So she fell in love with them. Also plan to order another one, and do not wear out!

2. Le 25 février 2013 à 06:39

good article and thanks for sharing!

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