DES NOUVELLES DU MONDE/ 4 septembre 2012 / 08:31

William Jones et l'URSS



renato jones
Renato William Jones n’a droit qu’à quelques lignes sur Wikipedia et c’est absolument injuste car il fut l’homme le plus puissant du basket international pendant près d’un demi-siècle en étant le secrétaire général de la Fédération Internationale de 1932 à 1976. Il faut dire qu’à l’époque il n’y avait pas Internet et qu’il faut recourir aux bons vieux documents en papier pour en savoir davantage sur le bonhomme.

J’ai eu le privilège de me faire offrir par la FIBA sa biographie écrite par Manfred Ströher et Hans-Dieter Krebs avec quelques photos de haute volée que j’ai déjà exploitées notamment sur ce blog (voir ici).

A propos de la formidable réussite du basket, les deux auteurs estiment qu’elle est inséparable de deux personnalités, l’inventeur James Naismith, originaire du Canada, et du britannique Jones. « Jones, cosmopolite, a façonné comme nul autre l’histoire et le contenu du jeu, a été le moteur de l’expansion mondiale, a transmis et propagé l’esprit du fondateur. Jones a marqué de sa signature le basket-ball international. »

Renato William Jones avait une capacité de convaincre son auditoire très largement au-dessus de la moyenne et c’est ainsi que le Comité International Olympique accepta le basket-ball aux JO de 1936. Trente-six ans plus tard, c’est lui qui bondit de son fauteuil pour faire jouer les trois secondes les plus longues et les plus contestées de l’Histoire de ce jeu, et c’est ainsi que l’URSS battit les Etats-Unis en finale des JO de Munich (voir ici).

En publiant cet extrait, je veux mettre en lumière un point fondamental dans le basket de l’après seconde guerre mondiale, les rapports avec l’URSS où Jones joua là aussi un rôle déterminant. Rappelons que les relations entre l’Espagne franquiste et l’URSS communiste furent abominables (voir ici).

« A la Conférence Permanente à Beyrouth de 1963, Jones s’attaque directement à la fédération soviétique qui arguait de « motifs techniques » pour éviter des rencontres normales avec l’Espagne. Jones contraint le président de la fédération de basket soviétique, Nikolai Semasko, à appeler les dirigeants sportifs à Moscou. Pour la première fois une équipe de sport soviétique se présente sur le sport espagnol et met fin à l’ère du boycottage, un triomphe des principes sportifs (…) De grosses et persistantes difficultés existent aussi à cause d’Israël qui malgré des objections massives de l’Est de l’Europe est admis dans la 9e confédération de la FIBA de l’Europe et du Bassin de la Méditerranée –un modèle que suivront d’autres disciplines sportives. Lors de la Coupe des Clubs Champions de 1976/77, tant Zbrojovka Brünne que CSKA Moscou ne se présentent pas contre Maccabi Tel Aviv en Israël. Les deux clubs ne seront pas exclus mais perdent la première manche avec 1:2 paniers. Pour la seconde manche, Jones trouve une solution élégante et sportive : les deux rencontres sont disputées à Vilvoorde près d’Anvers dont Maccabi sort vainqueur. Ce compromis empreint de réalisme politique qui donne la priorité au sport est devenu un précédent parce que jusqu’en 1987 les deux jeux (sic) du tour final de Maccabi Tel Aviv contre des équipes de l’Est de l’Europe, d’abord CSKA Moscou et pour finir encore en 1987 Zalgiris Kaunas, sont organisés en Belgique, à Bruxelles ou Anvers. Une fois de plus Jones dévoue la politique rigide. »

Commentaires

1. Le 5 septembre 2012 à 08:40

Toute une époque, dont la photo avec la clope au bec souligne l'ancienneté...

2. Le 5 septembre 2012 à 12:01

@Oscar Abine: C'était un grand amateur de cigares. Et même Red Auerbach en fumait sur le banc des Celtics. Ceci dit peut-être un jour les téléphones seront-ils interdits dans les transports en commun...

3. Le 6 septembre 2012 à 08:59

Oui, question pollution de l'espace vital, c'est au moins aussi nocif, Maxiboy, on est bien d'accord...

4. Le 6 septembre 2012 à 18:35

Des mecs qui ont le cigare dans le basket moderne, y'en a encore plein !
Sinon, superbe post, Maxiboy. Ton blog va devenir une encyclopédie !

5. Le 19 janvier 2013 à 09:20

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6. Le 11 avril 2013 à 05:12

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