LE BASKET FRANCAIS/ 24 septembre 2012 / 07:11
Au nom du père
Par maxiboy

Savez vous que son père aurait pu être le premier Français a être drafté au 1er tour ?
Nbadraft.net l’annonce en 11e position de la prochaine draft et draftexpress.com en fait carrément le 4e choix.
Rudy Gobert est fiché à 2,15m. Il a fêté ses 20 ans en juin. Avec ses 105kg, il a encore du boulot pour se construire un corps en phase avec les standards NBA, sa naïveté est parfois criarde –il n’a qu’une saison de Pro A derrière lui-, seulement tout le reste joue en sa faveur. Il est mobile, délié, et possède une envergure PHENOMENALE (2,35m) qui lui permet de toucher en écartant les bras deux murs de la salle de La Meilleraie, ou pas loin. Et, cerise sur le gâteau en pièces montées, sa tête est bien faite.
Donc si les petits cochons ne le mangent pas, Rudy va faire fortune, être un franchise player pour un club NBA et pour l’équipe nationale, et réaliser le rêve de son père.
« La seule chose qu’on ne peut pas apprendre à un joueur, c’est la taille. » Cette maxime américaine avait déjà cours dans les années quatre-vingts (et avant). Ce qui frappe, c’est que Rudy Gobert a le même prénom que son papa, Rudy Bourgarel, mais aussi la même stature. Bourgarel mesurait 2,14m et pesait 104 kilos lorsqu’il rejoint le Marist College que coachait alors Mike Perry qu’il avait eu au Stade Français Paris. « Un gros potentiel, mais seulement deux ans et demi de basket derrière lui. En France, on ne lui a pas appris grand-chose » écrivait alors USA Today. La France ? Rudy Bourgarel était arrivé en métropole en provenance de la Guadeloupe par l’intermédiaire de Patrick Cham. Grand et timide, il avait été surnommé « la biche » par le Serbe Dragan Kicanovic. Il avait joué en espoir avec un autre big man, Eric Fleury, qui choisit lui aussi la formation américaine, à Siena.
« Ici tout le monde dit qu’il a le potentiel d’un joueur de la NBA » commentait pour sa part Alain Forestier, un autre Français qui formait la french connection au Marist College avec l’internationale Paôline Ekambi. NBA, 1er tour de draft, les mots étaient lâchés, un tourbillon… Jusque là le seul Français jamais drafté par la NBA était Jean-Claude Lefèbvre, un autre big man, modeste 64e choix par les Minneapolis Lakers en 1960. Bourgarel était athlétique et puissant et certains osaient le comparer à Nate Thurmond. Dans une draft 89 annoncée pauvre en big men, Bourgarel était cité au même titre que Vlade Divac, Gary Leonard et Mitch McMullen. Il avait été introduit dans le cinq majeur, au poste 5, le Hollandais Rik Smits (2,23m) étant décalé en 4 et venait de tourner à 10,5pts et 6,8rbds. « S’il était né américain, ce serait un joueur exceptionnel » jugea son coach Dave Magarity.
Il y eut bien un pivot européen de Marist tout en haut d’une draft (2e choix), celle de 1988, mais c’était justement Rik Smits. Contre son grès, Bourgarel n’effectua pas sa dernière année à l’université. Il fut appelé d’urgence en France pour effectuer son service militaire… dont il fut finalement dispensé. Trop tard.
Je me souviens d’avoir vu jouer Bourgarel cet été 88 avec les Bleus. C’était à Vittel contre la Grande-Bretagne et il y avait Philippe Seguin dans les tribunes. Il marqua 8 points mais j’avais été surtout choqué –et pas que moi- par sa difficulté à réussir des double pas convenables à l’échauffement ! Ca des dunks, il pouvait en claquer des fracassants. Des contres aussi. Mais tout le reste était mécanique, approximatif… Rien à voir avec la fluidité de son fils.
Rudy Bourgarel comptabilisa 19 sélections en équipe nationale, du 26 mai au 10 juillet 88, et ne fut jamais rappelé après le désastreux tournoi pré-olympique à Rotterdam. Pas de draft NBA l’année suivante. « Ça n’a pas été vraiment une déception » commentera t-il un peu plus tard. Bien vrai ? Il semble plutôt que le Guadeloupéen en nourrit une immense frustration.
Rudy Bourgarel passa deux saisons au Racing Paris, sans casser des briques (5,1pts et 3.3rbds la deuxième année), et signa à Saint-Quentin (le lieu de naissance de son fils). Trois matches en 1990-91. Rien par la suite. Le trou noir. Il sombra dans ce que l’on appelle pudiquement des « problèmes personnels. »
Un mirage. Un sérieux candidat au trophée du plus grand gâchis du basket français. Et si la trajectoire de son fils était l'exact contraire?

Rudy Gobert est fiché à 2,15m. Il a fêté ses 20 ans en juin. Avec ses 105kg, il a encore du boulot pour se construire un corps en phase avec les standards NBA, sa naïveté est parfois criarde –il n’a qu’une saison de Pro A derrière lui-, seulement tout le reste joue en sa faveur. Il est mobile, délié, et possède une envergure PHENOMENALE (2,35m) qui lui permet de toucher en écartant les bras deux murs de la salle de La Meilleraie, ou pas loin. Et, cerise sur le gâteau en pièces montées, sa tête est bien faite.
Donc si les petits cochons ne le mangent pas, Rudy va faire fortune, être un franchise player pour un club NBA et pour l’équipe nationale, et réaliser le rêve de son père.
« La seule chose qu’on ne peut pas apprendre à un joueur, c’est la taille. » Cette maxime américaine avait déjà cours dans les années quatre-vingts (et avant). Ce qui frappe, c’est que Rudy Gobert a le même prénom que son papa, Rudy Bourgarel, mais aussi la même stature. Bourgarel mesurait 2,14m et pesait 104 kilos lorsqu’il rejoint le Marist College que coachait alors Mike Perry qu’il avait eu au Stade Français Paris. « Un gros potentiel, mais seulement deux ans et demi de basket derrière lui. En France, on ne lui a pas appris grand-chose » écrivait alors USA Today. La France ? Rudy Bourgarel était arrivé en métropole en provenance de la Guadeloupe par l’intermédiaire de Patrick Cham. Grand et timide, il avait été surnommé « la biche » par le Serbe Dragan Kicanovic. Il avait joué en espoir avec un autre big man, Eric Fleury, qui choisit lui aussi la formation américaine, à Siena.
« Ici tout le monde dit qu’il a le potentiel d’un joueur de la NBA » commentait pour sa part Alain Forestier, un autre Français qui formait la french connection au Marist College avec l’internationale Paôline Ekambi. NBA, 1er tour de draft, les mots étaient lâchés, un tourbillon… Jusque là le seul Français jamais drafté par la NBA était Jean-Claude Lefèbvre, un autre big man, modeste 64e choix par les Minneapolis Lakers en 1960. Bourgarel était athlétique et puissant et certains osaient le comparer à Nate Thurmond. Dans une draft 89 annoncée pauvre en big men, Bourgarel était cité au même titre que Vlade Divac, Gary Leonard et Mitch McMullen. Il avait été introduit dans le cinq majeur, au poste 5, le Hollandais Rik Smits (2,23m) étant décalé en 4 et venait de tourner à 10,5pts et 6,8rbds. « S’il était né américain, ce serait un joueur exceptionnel » jugea son coach Dave Magarity.
Il y eut bien un pivot européen de Marist tout en haut d’une draft (2e choix), celle de 1988, mais c’était justement Rik Smits. Contre son grès, Bourgarel n’effectua pas sa dernière année à l’université. Il fut appelé d’urgence en France pour effectuer son service militaire… dont il fut finalement dispensé. Trop tard.
Je me souviens d’avoir vu jouer Bourgarel cet été 88 avec les Bleus. C’était à Vittel contre la Grande-Bretagne et il y avait Philippe Seguin dans les tribunes. Il marqua 8 points mais j’avais été surtout choqué –et pas que moi- par sa difficulté à réussir des double pas convenables à l’échauffement ! Ca des dunks, il pouvait en claquer des fracassants. Des contres aussi. Mais tout le reste était mécanique, approximatif… Rien à voir avec la fluidité de son fils.
Rudy Bourgarel comptabilisa 19 sélections en équipe nationale, du 26 mai au 10 juillet 88, et ne fut jamais rappelé après le désastreux tournoi pré-olympique à Rotterdam. Pas de draft NBA l’année suivante. « Ça n’a pas été vraiment une déception » commentera t-il un peu plus tard. Bien vrai ? Il semble plutôt que le Guadeloupéen en nourrit une immense frustration.
Rudy Bourgarel passa deux saisons au Racing Paris, sans casser des briques (5,1pts et 3.3rbds la deuxième année), et signa à Saint-Quentin (le lieu de naissance de son fils). Trois matches en 1990-91. Rien par la suite. Le trou noir. Il sombra dans ce que l’on appelle pudiquement des « problèmes personnels. »
Un mirage. Un sérieux candidat au trophée du plus grand gâchis du basket français. Et si la trajectoire de son fils était l'exact contraire?






Commentaires
1. Le 24 septembre 2012 à 09:01
2. Le 25 septembre 2012 à 22:05
3. Le 14 janvier 2013 à 02:32
4. Le 16 mars 2013 à 11:06
5. Le 26 mars 2013 à 04:31
6. Le 27 mars 2013 à 03:28
7. Le 4 avril 2013 à 09:45
8. Le 27 avril 2013 à 09:08
9. Le 6 mai 2013 à 11:33