LE BASKET FRANCAIS/ 11 octobre 2012 / 10:50
Chalon et la culture
Par maxiboy

« C’est un peu paradoxal car je sens plus de prise de conscience à l’extérieur de chez nous que chez nous » constate marri le président Dominique Juillot. Ou encore : « il faut le prendre comme un événement exceptionnel. Et honnêtement je n’ai pas le sentiment qu’on le ressente comme ça. » Le président estime que le match devrait enregistrer moins de spectateurs que pour la venue de l’ASVEL samedi (4,000).
Au-delà du manque d’entrain des « politiques » souligné par Dominique Juillot, y a-t-il des explications ?
Une population réduite ? 45,000 pour la ville, 110,000 pour l’agglomération ? C’est un handicap. Deux matches par semaine ça pèse sur les budgets des mêmes ménages. Faut-il rappeler que l’Euroleague a été conçue pour les capitales : Athènes, Moscou, Istanbul, Madrid, Barcelone, Tel-Aviv, Berlin, etc. Gdynia comme nom, ça peut peut-être faire rigoler à la première écoute, mais détrompez-vous, c’est 250,000 habitants et une agglo de plus de un million.
J’ai une autre explication : le manque de culture.
Ce n’est qu’en 1996 que l’Elan Chalonnais a fait son apparition parmi l’élite, c’est encore frais, même s’il a joué (et perdu) une finale de Saporta dès 2001. D’ailleurs, Cholet s’est récemment enflammé pour l’Euroleague alors que l’aire urbaine n’est que de 80,000 personnes. Mais ce n’est pas à vous que je vais apprendre que le basket est la seconde religion des Mauges. Pour voir des étoiles, les gens de la région sont prêts à se mobiliser !
La culture, c’est ce qui imprègne l’Elan Béarnais Pau-Orthez et il suffit de visiter dans les coursives du Palais des Sports le Hall of Fame concocté par Gérard Bouscarel (voir ici) pour s’en convaincre. Le Mans fête cette saison sa 50e année de présence en 1er division et lundi à Antarès j’ai noté que l’action qui a donné le plus de frissons au public ne fut pas un dunk mais une passe. Je suis bien placé pour savoir que dans cette ville la culture, la connaissance, se transmettent de génération en génération. Au Mans, ce n’est pas un public exubérant (euphémisme), mais d’une fidélité sans faille. La culture basket est beaucoup plus forte que la culture foot et c’est pourquoi la MMArena ressemble à un vaisseau fantôme depuis que le club a plongé en Ligue 2.
C’est exactement le même phénomène qui s’est installé depuis pas mal d’années déjà à Limoges. Et pour avoir connu le Palais des Sports de Beaublanc en 1981, je peux vous assurer qu’il y a trente ans le public limougeaud n’y connaissait rien de rien au basket. Ce n’est pas un hasard si Limoges possède avec les Eagles le club de supporters le plus actif de Pro A, et le CSP peut compter sur deux autres associations de supporters. A Limoges, quand l’adversaire européen (mais aussi béarnais) était présenté au public, il avait le droit à une bronca à vous faire trembler comme une feuille (rassurez-vous, les joueurs de très haut niveau sont habitués). J’ai passé mes moments les plus fantastiques dans cette enceinte, du temps de Ed Murphy comme de Michael Young puis de Marcus Brown. Tout fan de basket de plus de 30 ans d’âge est nostalgique de cette époque là .
Limoges jouait chaque saison ou presque la Coupe des Champions, l’actuelle Euroleague, et chacun avait eu le temps de prendre ses marques, le club, les joueurs, le public, les medias. Zarko Paspalj était aussi facilement reconnaissable que Didier Gadou. Comment voulez-vous que le public français s’habitue aujourd’hui aux acteurs et au décor alors que chaque année on change de chapiteau ?
A Bourges, le public est moins virulent mais l’atmosphère européenne y est tout aussi spéciale. Les joueuses comme les fans sont sublimés par le contexte. Comment voudriez-vous qu’il en soit autrement quand vous savez que le palmarès du club comprend notamment trois Euroleague et 8 participations au Final Four dont deux organisés à la maison ?
La culture, c’est qui avait fait défaut, il y a deux ans, aux filles d’Arras, auteurs d’un très prometteur match nul à l’aller contre Elitzur Ramla en Israël, en finale de l’Eurocup, mais qui s’effondrèrent au retour sur leurs terres nordistes. Le public, les médias, le club aussi, avaient crû que l’affaire était déjà dans le sac. Ce sont des mauvais réflexes qui disparaissent avec le temps.
Je me souviens que le président arrageois Jean-Louis Monneret m’avait commenté un peu auparavant : « je ne suis pas certain que notre public fasse la différence entre l’Euroleague et l’EuroCup. Pour lui, c’est une Coupe d’Europe. »
Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, Dominique Juillot pourrait reprendre à son compte l’appréciation.
Au-delà du manque d’entrain des « politiques » souligné par Dominique Juillot, y a-t-il des explications ?
Une population réduite ? 45,000 pour la ville, 110,000 pour l’agglomération ? C’est un handicap. Deux matches par semaine ça pèse sur les budgets des mêmes ménages. Faut-il rappeler que l’Euroleague a été conçue pour les capitales : Athènes, Moscou, Istanbul, Madrid, Barcelone, Tel-Aviv, Berlin, etc. Gdynia comme nom, ça peut peut-être faire rigoler à la première écoute, mais détrompez-vous, c’est 250,000 habitants et une agglo de plus de un million.
J’ai une autre explication : le manque de culture.
Ce n’est qu’en 1996 que l’Elan Chalonnais a fait son apparition parmi l’élite, c’est encore frais, même s’il a joué (et perdu) une finale de Saporta dès 2001. D’ailleurs, Cholet s’est récemment enflammé pour l’Euroleague alors que l’aire urbaine n’est que de 80,000 personnes. Mais ce n’est pas à vous que je vais apprendre que le basket est la seconde religion des Mauges. Pour voir des étoiles, les gens de la région sont prêts à se mobiliser !
La culture, c’est ce qui imprègne l’Elan Béarnais Pau-Orthez et il suffit de visiter dans les coursives du Palais des Sports le Hall of Fame concocté par Gérard Bouscarel (voir ici) pour s’en convaincre. Le Mans fête cette saison sa 50e année de présence en 1er division et lundi à Antarès j’ai noté que l’action qui a donné le plus de frissons au public ne fut pas un dunk mais une passe. Je suis bien placé pour savoir que dans cette ville la culture, la connaissance, se transmettent de génération en génération. Au Mans, ce n’est pas un public exubérant (euphémisme), mais d’une fidélité sans faille. La culture basket est beaucoup plus forte que la culture foot et c’est pourquoi la MMArena ressemble à un vaisseau fantôme depuis que le club a plongé en Ligue 2.
C’est exactement le même phénomène qui s’est installé depuis pas mal d’années déjà à Limoges. Et pour avoir connu le Palais des Sports de Beaublanc en 1981, je peux vous assurer qu’il y a trente ans le public limougeaud n’y connaissait rien de rien au basket. Ce n’est pas un hasard si Limoges possède avec les Eagles le club de supporters le plus actif de Pro A, et le CSP peut compter sur deux autres associations de supporters. A Limoges, quand l’adversaire européen (mais aussi béarnais) était présenté au public, il avait le droit à une bronca à vous faire trembler comme une feuille (rassurez-vous, les joueurs de très haut niveau sont habitués). J’ai passé mes moments les plus fantastiques dans cette enceinte, du temps de Ed Murphy comme de Michael Young puis de Marcus Brown. Tout fan de basket de plus de 30 ans d’âge est nostalgique de cette époque là .
Limoges jouait chaque saison ou presque la Coupe des Champions, l’actuelle Euroleague, et chacun avait eu le temps de prendre ses marques, le club, les joueurs, le public, les medias. Zarko Paspalj était aussi facilement reconnaissable que Didier Gadou. Comment voulez-vous que le public français s’habitue aujourd’hui aux acteurs et au décor alors que chaque année on change de chapiteau ?
A Bourges, le public est moins virulent mais l’atmosphère européenne y est tout aussi spéciale. Les joueuses comme les fans sont sublimés par le contexte. Comment voudriez-vous qu’il en soit autrement quand vous savez que le palmarès du club comprend notamment trois Euroleague et 8 participations au Final Four dont deux organisés à la maison ?
La culture, c’est qui avait fait défaut, il y a deux ans, aux filles d’Arras, auteurs d’un très prometteur match nul à l’aller contre Elitzur Ramla en Israël, en finale de l’Eurocup, mais qui s’effondrèrent au retour sur leurs terres nordistes. Le public, les médias, le club aussi, avaient crû que l’affaire était déjà dans le sac. Ce sont des mauvais réflexes qui disparaissent avec le temps.
Je me souviens que le président arrageois Jean-Louis Monneret m’avait commenté un peu auparavant : « je ne suis pas certain que notre public fasse la différence entre l’Euroleague et l’EuroCup. Pour lui, c’est une Coupe d’Europe. »
Malheureusement, il faut se rendre à l’évidence, Dominique Juillot pourrait reprendre à son compte l’appréciation.





Commentaires
1. Le 11 octobre 2012 à 12:07
2. Le 11 octobre 2012 à 18:21
3. Le 11 octobre 2012 à 18:31
4. Le 11 octobre 2012 à 19:06
5. Le 12 octobre 2012 à 17:08
6. Le 14 octobre 2012 à 00:29
7. Le 16 janvier 2013 à 03:56