LE BASKET FRANCAIS/ 22 octobre 2012 / 08:07
Le bon mot
Par maxiboy

Treize points de marge (53-66) et 7’30’’ au tableau lumineux. L’Elan contrôle, et est enraciné dans la victoire, du moins le croit-on. Subitement, un avis de tempête se transforme très vite en pluie diluvienne et les Bourguignons sont noyés sous les eaux. 4-21. Une kyrielle de « petites » erreurs, un manque de concentration, d’habitude de gérer ce type de match au plus haut niveau (même si Alba Berlin n’apparaît pas digne du label « top 16 »), des choix égoïstes dans la prise de décisions offensives, du laxisme généralisé.
« On a joué un très bon basket pendant trente-trois minutes, on a tenu le fil conducteur et quand ça part un peu de travers, chacun fait son truc et on fait n’importe quoi ! On doit vite enregistrer les erreurs qu’on a faites et pourquoi on perd le match, je dis bien pourquoi on le perd. Collectivement, on avait la solution, pas individuellement », analysait le lendemain Greg Beugnot dans L’Equipe.
Quelques secondes plus tard sur mon compte twitter apparaissait un message : « L’Euroleague est dense, rugueuse, musclée quand la Pro A est lyrique, aérienne, incontrôlable. On joue pas le même jeu et on est toujours punis ».
Le message était signé de Antony Thiodet, l’ancien directeur général de l’ASVEL. C’est le mot « lyrique » qui m’a frappé, qui m’a plu. Je ne l’avais pas encore lu à propos du style en vigueur en Pro A et il sonne pour moi parfaitement juste.
« Lyrique ». « Se dit d’une œuvre qui est faite pour être chantée », explique le dictionnaire. Et encore ? « Enthousiaste ». Oui parfaitement. « Se dit d’une œuvre qui laisse beaucoup de place à l’expression des sentiments de l’auteur ». C’est ça, c’est parfaitement ça.
C’est beau, c’est imaginatif, c’est magnifique, mais cela parait toujours un peu improvisé, pas carré, pas coulé dans le béton. Toujours le dribble de trop, le tir à contre-temps, la défaillance d’un dixième de seconde en défense. Et cela souffre de la comparaison avec les performances des seigneurs du basket européen (encore une fois les Berlinois ne sont pas de cette trempe). Si je devais récompenser le joueur le plus « lyrique » du championnat de France je décernerais le trophée à Solo Diabaté.
Le lyrisme des équipes françaises de basket me fait penser au « french flair » des rugbymen, au « beau jeu » longtemps leitmotiv dans le foot tricolore. Ou même encore –avec beaucoup d’exagération- au « ripopo » en vigueur dans ce pays sur les terrains en terre dans les années 30 ou 40. Du talent, parfois beaucoup, mais pas canalisé, des sautes de concentration, d’humeur.
Il ne m’appartient pas –je laisse ça aux techniciens- d’analyser le phénomène et de répondre à la question qui hante nos soirées européennes, à savoir « pourquoi les équipes françaises ne jouent-elles pas le même basket que les nations de pointe ? » Ce qui est un autre champ de réflexion que le traditionnel –et juste- « nous avons moins d’argent que les gros clubs. »
Génétique ? Faux. La Grèce, dont l’économie est partie à vau-l’eau, dont la société est sens dessus dessous, qui ne respecte pas ses propres lois, qui est pourrie par les combines et les passe-droits, les Grecs qui sont très « lyriques », (normal, ce mot est un dérivé de la lyre, un instrument de la Grèce antique), les Grecs à l’inverse produisent un basket absolument pas sentimental, fortifié, ajusté au millimètre, le stéréotype même du jeu d’Euroleague !
Génétique ? Archifaux. Si le Limoges CSP a été champion d’Europe il y a vingt ans c’est justement qu’il contrôlait le tempo et ses nerfs jusqu’au bout de la nuit. Il n’y avait rien de lyrique dans le jeu de Bozidar Maljkovic. On le lui avait même reproché. Une énorme sottise. On aimerait bien aujourd'hui de la part des clubs français un peu moins de lyrisme et davantage de « réalisme ».
« On a joué un très bon basket pendant trente-trois minutes, on a tenu le fil conducteur et quand ça part un peu de travers, chacun fait son truc et on fait n’importe quoi ! On doit vite enregistrer les erreurs qu’on a faites et pourquoi on perd le match, je dis bien pourquoi on le perd. Collectivement, on avait la solution, pas individuellement », analysait le lendemain Greg Beugnot dans L’Equipe.
Quelques secondes plus tard sur mon compte twitter apparaissait un message : « L’Euroleague est dense, rugueuse, musclée quand la Pro A est lyrique, aérienne, incontrôlable. On joue pas le même jeu et on est toujours punis ».
Le message était signé de Antony Thiodet, l’ancien directeur général de l’ASVEL. C’est le mot « lyrique » qui m’a frappé, qui m’a plu. Je ne l’avais pas encore lu à propos du style en vigueur en Pro A et il sonne pour moi parfaitement juste.
« Lyrique ». « Se dit d’une œuvre qui est faite pour être chantée », explique le dictionnaire. Et encore ? « Enthousiaste ». Oui parfaitement. « Se dit d’une œuvre qui laisse beaucoup de place à l’expression des sentiments de l’auteur ». C’est ça, c’est parfaitement ça.
C’est beau, c’est imaginatif, c’est magnifique, mais cela parait toujours un peu improvisé, pas carré, pas coulé dans le béton. Toujours le dribble de trop, le tir à contre-temps, la défaillance d’un dixième de seconde en défense. Et cela souffre de la comparaison avec les performances des seigneurs du basket européen (encore une fois les Berlinois ne sont pas de cette trempe). Si je devais récompenser le joueur le plus « lyrique » du championnat de France je décernerais le trophée à Solo Diabaté.
Le lyrisme des équipes françaises de basket me fait penser au « french flair » des rugbymen, au « beau jeu » longtemps leitmotiv dans le foot tricolore. Ou même encore –avec beaucoup d’exagération- au « ripopo » en vigueur dans ce pays sur les terrains en terre dans les années 30 ou 40. Du talent, parfois beaucoup, mais pas canalisé, des sautes de concentration, d’humeur.
Il ne m’appartient pas –je laisse ça aux techniciens- d’analyser le phénomène et de répondre à la question qui hante nos soirées européennes, à savoir « pourquoi les équipes françaises ne jouent-elles pas le même basket que les nations de pointe ? » Ce qui est un autre champ de réflexion que le traditionnel –et juste- « nous avons moins d’argent que les gros clubs. »
Génétique ? Faux. La Grèce, dont l’économie est partie à vau-l’eau, dont la société est sens dessus dessous, qui ne respecte pas ses propres lois, qui est pourrie par les combines et les passe-droits, les Grecs qui sont très « lyriques », (normal, ce mot est un dérivé de la lyre, un instrument de la Grèce antique), les Grecs à l’inverse produisent un basket absolument pas sentimental, fortifié, ajusté au millimètre, le stéréotype même du jeu d’Euroleague !
Génétique ? Archifaux. Si le Limoges CSP a été champion d’Europe il y a vingt ans c’est justement qu’il contrôlait le tempo et ses nerfs jusqu’au bout de la nuit. Il n’y avait rien de lyrique dans le jeu de Bozidar Maljkovic. On le lui avait même reproché. Une énorme sottise. On aimerait bien aujourd'hui de la part des clubs français un peu moins de lyrisme et davantage de « réalisme ».





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