EXCLUSIVEMENT FEMININ/ 14 janvier 2013 / 07:47

Le Nordiste



marc silvert
Le basket en général et le basket féminin en particulier se nourrissent de personnages qui lui permettent de s’exposer un peu (ou beaucoup dans le cadre des Jeux Olympiques avec les Braqueuses de Céline Dumerc) médiatiquement, de sortir de son intimité.

Marc Silvert en fait partie. Et à l’occasion de son retour en Ligue féminine, à Arras, je voudrais simplement rappeler qui il est, et affirmer: « plus Nordiste que lui, tu meurs ! »

La spécificité d’un blog étant d’évoquer ses expériences personnelles, je commencerai par ce déjeuner en terrasse, au soleil, en novembre 1986 (c’est d’ailleurs assez dingue que je me souvienne de ce détail, moi qui n’ai pas une mémoire éléphantesque en matière de décorum. Comme quoi ça m'a vraiment marqué).

Marc Silvert était le coach, ou plutôt l’homme à tout faire, de l’US Orchies. Il m’avait au préalable tenu la bavette une heure au téléphone, sans se lasser, sans me lasser. Silvert, qui avait été un bon petit joueur de Première division à Denain (époque Jean Degros, Jean-Pierre Staelens, Hervé Dubuisson), sauté 2,10m au saut en hauteur en juniors, avait pris les joueuses –formés à partir d’un noyau de cadettes talentueuses- pour les emmener de la Promotion Départementale à la 1ère div, avec six montées d’affilée et une seule défaite lors des quatre premières saisons. Le tout avec la bénédiction de Robert Leroux, l’un des deux frères à la tête de l’entreprise de chicorée éponyme.

Le Nordiste était en avance sur son temps quant à son approche du basket américain. Il s’était rendu très vite aux USA grâce à des contacts fournis par des joueurs avec lesquels il avait joué. Il avait ainsi pu participer à des camps d’entraînement de début de saison, notamment à Orlando avec Matt Guokas. En 2005, grâce à Facebook, il a ainsi renoué des liens avec une ancienne coach de Long Beach qu’il avait perdu de vue depuis 1983.

J’ai déjeuné de nouveau avec Marc près d’un quart de siècle plus tard, en novembre 2009. Il était alors coach de Denain, en N1, et nous avons mangé des moules dans un « Léon de Bruxelles » à Valenciennes. Evidemment le lieu n’était pas anodin car c’est dans cette ville que l’USO, qui devint l’USVO, fit sa réputation internationale. A Orchies/Valenciennes, Marc Silvert a fait venir Ouliana Semenova, Malgo Dydek et Ann Wauters, excusez du peu ! Il a surtout transformé en belle machine de guerre son équipe d’un patelin du Nord de la France (8,241 habitants), qui sans lui, c’est sûr, n’aurait pas aujourd’hui à disposition une salle de 5,000 places, ne serait pas candidate à la Pro B et n’organiserait pas la phase finale de l’Euro féminin 2013. Rendons à César ce qui lui appartient un peu…

Du temps du Grand Marc, l’USVO s’était déjà pointée deux fois au Final Four de l’Euroleague, mais l’Histoire s’est terminée en eau de boudin. Il s’était fâché à mort avec le président de l’époque, Francis Decourrière.

Notre rencontre m’avait permis de retracer la carrière de Marc Silvert, né en 1954 à Vitry-en-Artois.

Il a donc joué à Denain, à 44km de là.

Puis à Orchies, dont il coach donc en sus l’équipe féminine, et distant de 34km de son berceau.

Quelque temps il porta le maillot de Grand-Fort-Philippe, 134km de route, mais toujours dans le département du Nord.

Après Valenciennes (57km), il fila à l’étranger… Oui mais en Belgique, à Namur, qui n’est jamais qu’à 170km.

Retour en France, à Villeneuve d’Asq (46km), pour deux ans.

Et le voici faisant sa première expérience de coach chez les garçons, à Beauvais (161km).

Marc fait alors un come back à Namur.

C’est là qu’il a commis sa seule infidélité à son Nord chéri, quand il fut pendant une saison le coach de l’équipe nationale féminine roumaine. Mais cela ne l’obligea pas à s’exiler de longs mois !

Il refusa alors un poste en Italie, s’offrit un break avant de faire son retour à Denain.

Et depuis quelques jours, Marc est donc revenu en Ligue Féminine, pas à Aix, Nantes, Lyon ou Tarbes mais évidemment à Arras, à 18,5km et 21 minutes de route de Vitry-en-Artois !

« J’ai la fibre Nordiste ! » me disait Marc Silvert. Une évidence.

Commentaires

1. Le 14 janvier 2013 à 08:42

Bonne chance à Arras Marc !!!

2. Le 10 février 2013 à 12:13

un "bon petit joueur", une façon élégante de dire un médiocre joueur !

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