EXCLUSIVEMENT FEMININ/ 16 janvier 2013 / 15:39

Le coup de gueule de Pierre Fosset (1)



bourges dumerc
« Le sport féminin en équipe est de plus en plus performant en France grâce aux qualités et aux valeurs développées par les femmes en équipe : fairplay, sportivité, ténacité, courage, beauté du geste, humilité et surtout solidarité » dit le dossier de presse, qui ajoute juste en-dessous : « Pourtant, le sport féminin en équipe est méprisé en France. Ce mépris se concrétise par une insuffisance préoccupante de moyens, une faiblesse de l’engagement des entreprises et une médiatisation très déséquilibrée en faveur du sport masculin. L’origine de ce paradoxe est évidemment culturelle et de nombreux observateurs y voient l’expression d’une misogynie encore très vivace. »

Mépris ? C’est le terme repris par trois vice-championne olympique, Céline Dumerc, Emmeline Ndongue et Endy Miyem dans cette vidéo promotionnelle (voir ici). (Whoua ! elles étaient tendues les Braqueuses durant le tournage, davantage que s’il s’agissait d’une finale olympique !)

Partant de ce principe, le Bourges Basket a pris la décision de monter à Bourges les Premiers États Généraux du Sport Féminin en Équipe, les 16 et 17 mai prochains.

La recherche des fonds nécessaires se concrétise par le sponsoring d’entreprises et le financement collaboratif via la plateforme Ulule (voir ici):

Dans cette interview EXCLUSIVE, Pierre Fosset, le président du club, 3 fois champion d’Europe (je répète ça à vous, chères lectrices et chers lecteurs, mais vous le savez très bien… C’est au cas où des yeux « étrangers » -merci à eux- feraient un tour sur ce blog) nous explique tout, sur ces états généraux, mais aussi sur les retombées de l’exposition médiatique de Céline Dumerc et de ses deux équipières suite à leur fabuleux été olympique. Il en profite pour pousser un véritable coup de gueule.

Comme Oprah Winfrey avec Lance Armstrong (je dis ça en toute modestie ;-), je passe l’entretien en deux parties, aujourd’hui et demain, disons à 16h…)

Qui a eu l’idée de ces états généraux du sport féminin ?
On avait trois agences en compétition, celle que l’on a à Bourges pour le club, et on en avait retenu une autre de Lyon et une autre de Paris, Peoleo, et c’est celle-ci que l’on a choisi finalement. C’est une grosse agence de 80 personnes avec un siège à Paris et un autre à Lille, qui est l’un des prestataires d’une grosse boutique sur Bourges, Pat à Pain, et aussi Leroy Merlin au niveau national et international. Elle a été aussi l’agence de la coupe du Monde de foot.

Vous leur avez demandé de trouver une idée originale ?
J’ai missionné quelqu’un de chez nous, un partenaire qui est en retraite, qui a réuni un groupe de chefs d’entreprise et l’agence leur a proposé ce projet sur le sport féminin en équipes. Ils se sont rendus compte que le sport féminin a de très bons résultats au niveau du sport collectif et que l’on n’est pas récompensé à notre juste valeur. C’est parti comme ça…

Un grand club féminin comme le tien, qui est le numéro un français de l’ensemble des sports collectifs, se heurte t-il vraiment à du « mépris » comme il est signifié dans le clip de présentation ? Le message des trois joueuses est étonnant car elles sont toutes les trois vice-championnes olympiques et elles ont connu un été très médiatique ?
Que fait par exemple L’Equipe pour le basket féminin ? Rien. OK, l’équipe de France a été très bien couverte, mais après le championnat de France, rien. J’avais pour le club un contrat avec Sport +, ils l’ont arrêté. C’est pour ça que l’on parle de mépris. J’ai eu la présidente du club de Cannes de volley au téléphone, et c’est pareil, elles ont droit à une couverture médiatique insignifiante. Je ne parle pas que de Bourges mais aussi par exemple de Montpellier, qui est en train de nous damner le pion. J’ai eu un rendez-vous début décembre à France Télévisions avec Lescuyer, l’adjoint de Bilalian, un gars très sympa d’ailleurs, il m’a dit : « on ne peut rien faire, juste vous promettre -lorsque vous aurez un match à Bourges, en week-end car le mercredi ce n’est pas possible- de faire un décrochage sur France 3. » Mais pour l’instant on ne l’a pas fait car cette année on n’a que des blessés et je ne peux pas jouer avec l’équipe que j’ai construite en début de saison. Sinon on fait quoi ?

Si l’on prend L’Equipe et la place qu’il lui est réservé, c’est davantage un problème du basket en général et pas que du basket féminin ?
On va agrandir notre salle, alors je suis allé en visiter quelques unes, Le Phare à Chambéry, l’Arena à Montpellier, La Halle Vacheresse à Roanne. A Roanne, l’agrandissement de la salle a été payé par l’agglomération. Je discutais avec l’adjoint de l’agglo et il m’a dit « quand on parle de basket en France, on pense à Bourges. » Je lui ai demandé s’il plaisantait. Il m’a répondu, « non, vous, vous faites tous les ans des Coupes d’Europe, vous êtes au plus haut niveau, alors que chez les garçons, un coup c’est Nancy, un coup Villeurbanne, un coup tartempion. Personne ne suit. Alors, justement, à partir du moment où le masculin ne s’impose pas, on ne parle pas du féminin qui s’impose !

Il y a quand même eu un boom incroyable cet été…
Je suis d’accord. D’ailleurs Céline est partie aux JO avec 400 ou 500 abonnés sur twitter, maintenant ils sont 17,000 (17,419 à cette minute…).

La suite demain.

Commentaires

1. Le 16 janvier 2013 à 19:32

Frustrant d'attendre demain pour avoir la deuxième partie!!!

2. Le 16 janvier 2013 à 20:09

La place des filles sur Basketnews ?
Quasi proche de zero....
Seul Pascal en parlait dasn l'ancienne formule

3. Le 16 janvier 2013 à 21:29

Merci pour l'interview et venez nombreux à ces états généraux!

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